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La perversion du screening de la perversion
Mis en ligne le 27/09/2011
Il y a mieux, voyons ! La pléthysmographie pénienne, une des plus splendides aberrations scientifiques de la psychologie comportementale, constituerait une ressource infiniment plus protectrice de la santé de votre entreprise. Afin d’évaluer la nature dévoyée des "fantaisies" des candidats à la prêtrise, la pléthysmographie mesure l’excitation pénienne des sujets à des stimuli excitants proposés par de sains concepteurs d’images qui savent mettre leur perversion au triple service de la pureté sociale, de leurs intérêts économiques et de la mort de la pensée (1).
Nous proposons, en attendant que les fabricants de machines et de tests vous vendent leurs produits alléchants, que la société belge étende le principe du screening obligatoire à tous les futurs éducateurs, à tous les futurs pères, oncles et beaux-frères, chefs scouts et promeneurs des rues et des parcs, à tous ces adultes qui ont "peur de la sexualité". Il nous semble qu’une prévention bien comprise devrait screener les enfants de moins de trois ans, tant que le contrôle intra-utérin des pulsions "déviantes" des fœtus n’est pas encore au point ; notons que la condamnation de l’avortement par l’Eglise mérite à cet égard d’être reconsidérée, au nom de la lutte contre la pédophilie. Nous savons que vous êtes victime d’un acharnement sans précédent et que vous devez montrer patte blanche devant les plus hautes autorités de l’Etat belge et devant une société affamée de certitudes. Cela vous oblige-t-il à un tel dévoiement de la pensée ?
Le critère significatif de la sélection est, nous l’avons entendu à la RTBF, "la peur de la sexualité", déjà évoquée plus haut. Comme beaucoup d’hommes, nous n’avons pas abusé d’enfants, ni d’autres hommes ni de femmes, ni d’étudiants, nous qui comme professeurs à l’UCL et à l’ULB, exerçons une autorité spécifique sur de jeunes adultes. Nous savons que c’est, parmi d’autres raisons, parce que nous avons peur de la sexualité. Ceux qui se jettent à corps perdu dans une sexualité débridée en ont peur aussi, ni plus ni moins que ceux qui confondent abstinence et sainteté ou qui vivent une sexualité médiocrement commune, dans un couple d’une banalité confondante.
La croyance en un rapport paisible à la sexualité, l’illusion de l’existence de fantasmes non déviants, le recours à une psychologie qui refuse de connaître l’humain dans sa complexité : trouvera-t-on bientôt dans cette trinité la nouvelle foi d’une Eglise enfin scientifique ? Une seule vocation mérite pourtant d’être retenue, pour les prêtres comme pour les autres : devenir des humains sexués, sublimés et pensants.
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