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L’école secondaire débute mal

B.C. (st.)

Mis en ligne le 21/11/2011

Profs, parents et élèves du 1er degré perdent pied face à une législation qui ne tient plus compte du terrain. L’école catholique tire la sonnette d’alarme.

Perte de curiosité, démotivation, découragement, perte d’estime de soi, absentéisme, décrochage, voire même différentes formes de violence. Des comportements de ce genre, les enseignants du premier degré de l’enseignement secondaire en rencontrent de plus en plus. A titre d’exemple, le nombre croissant d’exclusions définitives ces dernières années est éloquent : dans le seul diocèse Bruxelles-Brabant, 104 élèves ont été exclus en 2006, pour 167 l’an dernier.

Le phénomène n’est pas propre aux deux premières années de l’enseignement secondaire, mais il a le mérite d’interpeller. Car ce sont deux années décisives. L’élève y dessine son orientation professionnelle (soit manuel, soit plus intellectuel), mais il emmagasine également "le smic vital dans la très rude société de la connaissance d’aujourd’hui", comme le présente José Soblet, ex-secrétaire général de l’enseignement secondaire catholique.

Le problème est que l’enseignement, comme il est organisé aujourd’hui, ne permettrait plus de juguler un tel mal-être. Selon la Fesec, les réformes successives auraient progressivement installé de l’ambiguïté aussi bien dans le corps enseignant que pour les élèves. La législation ne serait plus en accord avec les réalités de terrain.

Sur le papier, le premier degré de l’enseignement secondaire est vu comme la dernière étape d’une période d’apprentissage entamée au début du fondamental. Pourtant, la surmédiatisation du CEB (certificat d’études de base, ou diplôme de primaire) par rapport au CE1D (certificat de fin de 1er degré secondaire), l’organisation scolaire différente ou encore la communication difficile entre les établissements du fondamental et du secondaire créent une réelle rupture pédagogique.

La multiplicité des parcours scolaires manque également de lisibilité, selon la Fesec. Même si le redoublement n’est plus autorisé, l’année complémentaire (année de soutien entre la première et la deuxième année commune pour les élèves en difficulté) aurait tout de même un goût amer pour certains élèves. Elle serait soit vécue comme un redoublement camouflé, soit comme une voie à sens unique vers l’enseignement technique et professionnel.

De leur côté, les séances de rémédiations peineraient à écarter ce redoublement camouflé. "Trop limitées et peu adaptées à l’élève dans sa singularité", estime-t-on à la Fesec. Elles ne prendraient en compte qu’un quart de la formation commune (le français, les mathématiques et les langues modernes) et ne seraient qu’une simple répétition de matières déjà vues.

Si le manque de remédiation est un problème, l’hétérogénéité des classes en est un autre. "Avant, si on observait des difficultés chez un élève dans le fondamental, on le plaçait en 1B au lieu de 1A. Dorénavant, qu’il réussisse son CEB avec 50 % ou 100 %, il se retrouvera d’office en 1ère commune."

Enfin, la Fesec se pose des questions concernant les activités complémentaires. Censées "venir en soutien à la formation commune en vue de la maîtrise des socles de compétences", elles seraient loin de remplir leur tâche. En cause ? Un manque de souplesse dans leur organisation : "Ces activités ne participent pas à la motivation des élèves, à la valorisation du geste technique, ni à leur orientation."

Au final, conclut la Fesec, le 1er degré du secondaire semble peiner à construire une base stable qui serve d’appui à un maximum d’élèves et leur permette de se projeter dans l’avenir.

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