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Quel partenariat ?

Mis en ligne le 17/02/2012

Le scoutisme est un chemin de croissance de grande valeur. Il cherche à aider les jeunes à trouver ensemble des repères pour devenir des adultes responsables dans le monde et la société. Il y a donc lieu d’encourager tous ceux qui s’y engagent et y donnent le meilleur d’eux-mêmes. Les jeunes qui y assument des responsabilités méritent admiration et respect. Et c’est justement dans ce respect et l’exigence de valorisation qu’il appelle que j’aimerais formuler deux interpellations, que j’adresse à la fédération "Les Scouts". La fédération "Les Scouts", qui se veut pluraliste, compte très prochainement proposer à ses membres une nouvelle formulation de la promesse et de la loi scoute. Dans ce texte "revu et corrigé" de la loi, toute référence explicite à Dieu est mise de côté : elle semble considérée comme inutile, voire oppressante. Le scout n’est donc plus invité à chercher Dieu. On regrettera cette parenthèse sur ce qui fait pourtant la grandeur de l’homme : considérer sa vie comme une question en acte, comme une quête de Dieu. Y faire allusion dans un texte fondamental comme la loi scoute n’implique pas que chacun partage la même foi. C’est un encouragement à un questionnement fondamental, à la quête de sens et de vérité. C’est aussi un appel à considérer la conviction religieuse comme une réalité qui concerne la personne dans tous les aspects de sa vie et en particulier sa vie sociale. A contrario, il y a des omissions qui deviennent vite des oublis. Quant au nouveau texte de la promesse, il exprime en premier lieu une série de souhaits. Lorsqu’il y est ensuite question d’engagement, c’est à partir du seul critère de l’"épanouissement personnel, social et spirituel". A lire ces propositions, formulées dans un langage très consensuel, on peut se demander si elles reflètent encore un véritable engagement envers autrui. Leur contenu est en tous cas laissé à la libre appréciation de chacun. La plupart des unités affiliées à la fédération ont un lien historique avec l’Eglise : elles sont nées au sein d’une paroisse, souvent à l’initiative d’un prêtre, d’un religieux ou de quelques laïcs enthousiastes. Pendant longtemps, ces liens entre l’unité et la paroisse ont été forts et comme naturels : on se rencontrait dans l’une comme dans l’autre, les "passerelles" entre les deux étaient nombreuses. Aujourd’hui, dans la plupart des endroits et pour de multiples raisons, ces liens se sont distendus, sans pour autant avoir entièrement disparu. Il demeure souvent une proximité, une affinité. En effet, dans bien des cas, l’abandon par la fédération, en 2008, d’une référence explicite à l’Eglise catholique dans sa dénomination n’a pas rompu cette proximité. Chacun a aujourd’hui intérêt à se rencontrer, à dialoguer pour que ces liens soient précisés, voire redéfinis. Au vu du chemin parcouru en commun, de ce que la paroisse a pu recevoir de l’unité scoute et réciproquement, au vu aussi de la situation actuelle, il serait bon que tous les responsables prennent le temps de réfléchir ensemble sur les formes d’un partenariat futur. Une confiance réciproque est à promouvoir (et parfois à reconstruire). Comme dans toute communauté humaine, chacun a des dons à partager avec l’autre. Si l’unité souhaite inscrire explicitement son identité dans la tradition chrétienne, cela n’implique pas un alignement des convictions. Au contraire, cela sous-entend le respect de la quête spirituelle de chacun. Mais l’unité s’engage alors à proposer à ses membres une référence pour soutenir cette quête. Une recherche dans laquelle la paroisse devra elle aussi s’impliquer, en s’engageant à aider les animateurs de l’unité. Les enjeux de ce partenariat d’une unité avec une structure d’Eglise sont multiples. L’unité peut-elle compter sur la paroisse pour l’aider dans la quête spirituelle des scouts, pour relayer ses informations, pour encourager les familles à lui faire confiance ? Peut-elle disposer de locaux appartenant à la paroisse, et à quelles conditions ? La paroisse peut-elle compter sur l’unité pour participer à, voire co-organiser l’une ou l’autre activité ? Peut-elle compter sur un respect de ses biens et une gestion correcte, sur base d’une convention claire ? Etc. Qu’attend-on l’un de l’autre ? Le mouvement "Les Scouts" et l’Eglise sont appelés à se rencontrer et à envisager sereinement les conditions d’un possible partenariat, dans une évidente opération "win-win". Les deux interpellations dans cette lettre ouverte veulent simplement ouvrir le débat.

Mgr Jean KOCKEROLS

Evêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, référendaire pour la pastorale des jeunes

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