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Fiche Philo
La révolution du travail
Luc de Brabandere et Stanislas Deprez
Mis en ligne le 25/03/2008
Né le 5 mai 1818 à Trèves, Karl Marx est le second de huit enfants. Il étudie le droit, la philosophie et l'histoire à Bonn, Berlin et Iéna. Influencé par Hegel et Feuerbach, il devient journaliste à la Rheinische Zeitung de Cologne, en 1842. L'année suivante, il épouse Jenny von Westphalen, une aristocrate. Critique vis-à-vis du gouvernement prussien, il s'exile en France, où il rencontre Proudhon, Bakounine, Engels. Expulsé de France, il se réfugie à Bruxelles. En novembre 1847, il rédige avec Engels le Manifeste communiste. Expulsé de Bruxelles, il retourne à Cologne pour diriger la Neue Rheinische Zeitung, à laquelle il donne une orientation nettement révolutionnaire. A nouveau expulsé, il s'établit à Londres. Il y écrira son grand ouvrage, le Capital. Il collabore aussi à la fondation de l'Association Internationale des Travailleurs, où il s'opposera au révolutionnaire Bakounine. Il meurt le 14 mars 1883.
De Hegel, Marx retient l'importance de l'histoire et la dialectique. De Feuerbach, il reprend la critique de la religion. Mais il innove en plaçant l'économie au centre de sa réflexion. La philosophie marche la tête en bas, constate-t-il. Et dans ses Thèses sur Feuerbach, il écrit : "Jusqu'ici, les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, il s'agit désormais de le transformer." Hegel croyait que les idées faisaient marcher le monde mais en réalité, ce sont les manières concrètes de vivre qui conditionnent les façons de penser. La nature est première par rapport à la pensée. En agissant sur elle - en la travaillant - les hommes se transforment aussi. Par conséquent, les conditions de production sont la clé de voute de l'histoire et la philosophie doit se faire économie et sociologie.
On connait la critique faite par Marx au capitalisme. Un patron fait travailler des ouvriers, les paie le moins possible, vend leur production le plus cher possible, et empoche la différence (la plus-value). Les ouvriers sont exploités, puisqu'ils sont moins payés que la véritable valeur de leurs produits. On se trouve donc face à deux classes sociales : les travailleurs et les propriétaires, qui s'accaparent une partie de la production des premiers. L'histoire n'est autre que la lutte de ces deux classes, l'une cherchant sa liberté, l'autre voulant garder ses intérêts.
L'exploitation ne s'exprime pas toujours au grand jour, par la force. Souvent, elle se camoufle sous des idéologies, c'est-à-dire des systèmes de croyance, dont la religion est le plus bel exemple. Les prêtres, déclare Marx, sont les alliés des possédants : ils font croire au peuple que les pauvres sur cette terre seront récompensés dans un paradis, après cette vie-ci. Ainsi, les travailleurs acceptent plus facilement leur sort, puisqu'il est passager. C'est le sens de la célèbre phrase : "La religion est l'opium du peuple". Comme l'opium, elle endort et permet de supporter ses souffrances. Sans elle, la vie serait insupportable. Mais avec elle, impossible de se révolter. Les Droits de l'homme et du citoyen sont une autre idéologie, parce qu'ils autorisent la propriété. Mais si un pauvre n'a pas le droit de toucher à la propriété d'un riche, argumente Marx, et qu'il n'a pas les moyens d'acheter ses outils de travail, comment peut-il être réellement libre ?
Marx ne se contente pas de dénoncer le capitalisme. Il croit aussi en voir l'issue. Car le capitalisme est contradictoire. En effet, la concurrence provoque une guerre des prix qui pousse chaque entreprise à exiger plus de ses salariés et à les payer moins. Ce qui augmente le mécontentement des travailleurs, entraine la faillite des sociétés les moins performantes et force les anciens patrons à devenir de travailleurs. Lorsque ce processus sera arrivé à son terme, les ouvriers se soulèveront et instaureront une société sans classe, où tous travailleront pour subvenir aux besoins de chacun : le communisme.
Savoir Plus
Karl Marx, "Manifeste du parti communiste", Librio, 2004. Un texte écrit avec Friedrich Engels, précédé d'une introduction Lire le Manifeste.
Françoise Giroux, "Jenny Marx ou la femme du diable", Robert Laffont (Elle était une fois), 1993. Marx vu à travers son épouse.
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