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OpinionÉglise

J’ai mal à l’Eglise

Mis en ligne le 02/03/2010

Les autorités actuelles de l’Eglise semblent s’éloigner de plus en plus de l’esprit du concile Vatican II.

Nombreux sont les chrétiens aujourd’hui à avoir "mal" à leur Eglise. Au cours des siècles, ce fut le cas pour beaucoup d’entre eux.

Du Moyen Age, où les pasteurs étaient parfois peu instruits et peu regardant sur la morale, aux papes de la Renaissance plus guerriers que spirituels, plus soucieux de pouvoir, d’argent et de femmes que d’être de "bons bergers", l’Eglise survécut. Luther, qui voulut la réformer au commencement de l’intérieur, fut poussé à bout, malgré le soutien de certains humanistes, et décida de couper les liens avec Rome. Après le schisme orthodoxe, le schisme protestant. Et pourtant, l’Eglise ne tomba pas mais fut au contraire animée du désir de lutter, par le moyen de la Contre-Réforme, pour toucher, à nouveau, le cœur des croyants. Ce qui ne nous abat pas nous rend plus forts, ce pourrait être sa devise.

L’histoire de l’Eglise ne se résume cependant pas à une longue liste de violences, de péchés, de mensonges, de cruautés (l’Inquisition), de proclamations de dogmes, de règles de conduite, etc. Il y eut, il y a et il y aura des hommes et des femmes qu’on appelle "d’exception" mais qui ne furent au début que des humains forts et faibles à la fois, qui changèrent la face de l’Eglise, ces saints et ces saintes qu’on a tendance à oublier - sauf le merveilleux Père Damien qui nous a été montré en exemple dans l’actualité récente. Comment ne pas évoquer la lumineuse présence de François et Claire d’Assise, de Bernard de Clervaux, du Père Maximilian Kolbe, d’Edith Stein, tant d’autres encore, connus ou inconnus toujours au travail dans l’Eglise. Aujourd’hui encore, que de femmes et d’hommes au cœur ardent veulent faire avancer l’Eglise dans l’esprit du concile Vatican II," ce printemps de la foi", énorme message d’espérance et d’enthousiasme pour les croyants.

Malheureusement, il nous faut reconnaitre que les autorités actuelles de l’Eglise semblent s’éloigner de plus en plus de l’esprit du concile. Rapprochement malvenu avec les intégristes de Monseigneur Lefebvre, alors que le dialogue œcuménique est au point mort; demi-silence sur le cas des prêtres et évêques pédophiles La "classe moyenne" des chrétiens ne trouve plus d’interlocuteurs au plus haut niveau pour débattre des questions qui la concernent directement : la morale, et pas seulement la morale "sexuelle", le célibat des prêtres, l’accès des femmes à la prêtrise, etc. Partout en Europe, certains n’hésitent plus à se faire "débaptiser", la pratique est faible et, même si les autorités parlent d’un catholicisme de qualité plus que de quantité, nos églises ressemblent davantage à des clubs de séniors qu’à des assemblées brulantes de diffuser, jeunes et moins jeunes unis dans cette tâche, le message d’amour censé les animer. Loin de leur hiérarchie, beaucoup de prêtres soutiennent ceux qui souhaitent des changements au sein de l’Eglise, et sont en communion avec les chrétiens qui veulent que cela bouge, que Vatican II n’ait pas été qu’un feu de paille.

Il est temps de crier haut et fort que ce ne sont pas les dogmes qui font et fondent l’Eglise, mais une parole d’amour : "Aime le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même."

Tout est dit. Tout être humain peut être interpelé par ces mots, individuellement - "toi-même" -, et collectivement - "le prochain".

Si nous, chrétiens de toutes obédiences, réactivons notre foi et notre espérance, si nous avons davantage des visages de - futurs - ressuscités que des faces de carême, alors, je crois fermement que l’Eglise du XXIe siècle pourra non seulement survivre, mais revivre !

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