Opinions

Une opinion de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des Chances.

Un plan national de lutte contre le racisme doit voir le jour au plus vite!

C’est un euphémisme de dire que je suis totalement scandalisée par le racisme dont est victime Cécile Djunga. Notre société devrait pourtant être fière de disposer d’un personnalité pareille. Un dynamisme débordant, un humour décapant, un talent indéniable et multi-facette, Cécile Djunga a tout pour plaire. Cette Belge d’origine congolaise, comédienne et présentatrice, est à mes yeux un modèle de réussite dont peuvent s’inspirer de très nombreux jeunes, notamment les Belges d’origine étrangère, parfois en panne de repères et en recherche de modèles.

Les injures que Cécile Djunga doit subir régulièrement sont en réalité une insulte à notre société multiculturelle, à notre vivre-ensemble. C’est très grave et cela nous concerne toutes et tous. Il nous revient de les dénoncer avec force, d’apporter toute notre sympathie à la comédienne et de réagir avec fermeté.

Non, on ne peut plus laisser le racisme se banaliser de cette manière. Surtout à une époque où Unia n'a jamais ouvert autant de dossiers liés au racisme qu’aujourd’hui. La majorité de ces dossiers concerne d’ailleurs l’incitation à la haine sur Internet (24,9%), principalement sur Facebook. D’ailleurs, j’invite Cécile Djunga à effectivement porter plainte car nous avons une législation qui condamne clairement ce genre de propos lâches ; et les coupables, si on parvient à les identifier, doivent être poursuivis.

De manière générale, plus les victimes du racisme porteront plainte, plus notre prise de conscience de l’ampleur de ce fléau sera conforme à la réalité et mieux nous pourrons agir en conséquence. Avant tout en amont, de façon structurelle, en travaillant avec le dialogue et la sensibilisation. Ces dernières années, en tant que Secrétaire d’État à l’Égalité des Chances, j'ai lancé diverses initiatives contre le racisme, notamment une charte avec les trois principaux syndicats, des ateliers contre l'antisémitisme, des jeux contre le racisme et des soirées-débat sur l'afro-phobie. En Région bruxelloise, nous avons aussi renforcé notre ordonnance anti-discrimination, introduit le mystery shopping pour l’emploi et approuvé un plan anti-racisme l'été dernier.

Mais cela ne suffit pas et c’est effrayant de constater qu’à d’autres niveaux de pouvoir, on reste si silencieux dans cette lutte contre le racisme qui demande pourtant une énergie constante. Comme si les personnes ayant une couleur de peau différente n’appartenaient pas à notre pays. Il est donc grand temps, au niveau fédéral, qu’un plan national de lutte contre le racisme et les discriminations voit le jour. Parce qu’hélas le drame vécu par Cécile Djunga n’est que le sommet de cet ignoble iceberg.