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Une opinion de Gautier Calomne, député fédéral et chef de groupe MR à Ixelles.

Il est temps d'assouplir les seuils de radiation afin que la technologie 5G puisse se déployer dans la Capitale. A défaut, les entreprises bruxelloises iront s’expatrier en Flandre, à Drogenbos ou Diegem.

D’après la Fédération technologique AGORIA, des villes comme Liège et Anvers pourraient bien se placer à terme, devant Bruxelles, au rang de métropoles numériques grâce au déploiement des équipements de diffusion de la 5G. C’est une histoire qui, visiblement, se répète après le retard incompréhensible du réseau 4G !

Le problème est pourtant simple : tant qu’un assouplissement des seuils de radiation ne sera pas opéré, la technologie 5G ne pourra pas se déployer dans la Capitale avec, évidemment, un ensemble de conséquences néfastes dont le développement de Bruxelles pourrait pâtir. Objectif Smart City, vraiment ?

Premièrement, il y a lieu de souligner la tendance actuelle sur le marché avec l’apparition d’innombrables avancées et outils technologiques. Ceux-ci sont appelés à restructurer entièrement, dans un monde de plus en plus globalisé et connecté, la manière dont les gens se déplacent, communiquent et travaillent. Les nombreux débats qui ont actuellement cours sur l’impact de la robotisation sur l’économie et l’introduction d’une industrie 4.0 dans nos modes de vie en sont un exemple flagrant.

Il est déplorable de constater que, là où dans le pays les start-ups et autres acteurs technologiques sont en nombre et ont le vent en poupe (30% des startups technologiques sont situées en Région bruxelloise), la législation la plus dure soit appliquée à l’encontre du déploiement du réseau mobile de la 5G. Imagine-t-on pareil paradoxe entre l’industrie automobile et la ville de Stuttgart, entre le pôle aéronautique et la métropole toulousaine ? Non… Et pourtant, dans la Capitale de l’Europe, aucun indice ne tend à démontrer une quelconque volonté de la part des pouvoirs publics – en l’occurrence le Gouvernement bruxellois – de se positionner en faveur d’un assouplissement de cette réglementation. Pas même un sursaut pour remarquer les opportunités et possibilités exponentielles qu’offre la 5G pour le futur de la Capitale ! Bien au contraire, ce paradoxe est entièrement anti-économique à l’égard des industries, des citoyens, des start-upers et de l’emploi en général (Agoria évoque le chiffre de 3.000 nouveaux emplois potentiels). Seul le Gouvernement bruxellois ne semble pas comprendre l’ampleur de ces opportunités ni des conséquences négatives si nous devions les manquer. Il y a urgence : les investissements se programment à l’avance et sur base pluriannuelle, avec un avantage économique à la clé.

Alors que l’Union européenne préconise à ses Etats membres de développer les réseaux 5G sur leurs territoires et, partant, de choisir une "ville porte-drapeau" pour permettre aux autres régions de lui emboîter le pas sur la voie du progrès, la non-révision ou le maintien des règles telles qu’elles sont appliquées à Bruxelles n’aura pour autre conséquence que de placer la Capitale européenne dans une situation de retard insoutenable. La Flandre, par exemple, a légiféré pour que le seuil de radiation –tel qu’il avait été fixé par l’OMS– soit deux fois plus contraignant que la norme mondiale. À Bruxelles, ce seuil a été multiplié par... sept !

Les normes de radiation ne sont pas à prendre à la légère et il faut naturellement avoir à l’esprit le principe de précaution en ce qui concerne la santé de l’ensemble des citoyens. Renforcer le seuil de radiation en doublant la norme mondiale telle que fixée par l’OMS, comme l’a fait la Flandre, est une solution équilibrée qui doit être étudiée par le Gouvernement bruxellois. Sans quoi, nous condamnons notre Capitale à accumuler un retard que son économie et son développement général ne peuvent se permettre.

Après une politique de la mobilité catastrophique, la volonté est-elle réellement d’encourager les entreprises à s’expatrier d’Uccle à Drogenbos ou d’Ixelles à Diegem parce que d’aucuns se font les chantres des règles les plus restrictives en matière de télécommunications ? Gare, Bruxelles n’a pas vocation à devenir un Sahara technologique.