Opinions Une opinion d'Hervé Doyen, bourgmestre (cdH) de Jette.

Il n’est plus un mois, une semaine sans que, hébétés, des milliers de mandataires assistent chaque fois plus incrédules au déballage médiatique des forfaitures d’un des leurs. Et de devoir entendre chaque fois leurs responsables de parti répéter à l’envi qu’on ne verra plus jamais cela, que demain cela ira mieux, qu’on va légiférer…encore et encore.

C’est quoi cette race de femmes et d’hommes qui a besoin chaque fois de plus de règles, de lois, de codes, de contrôles pour régenter leurs comportements comme si faute de ceux-ci, ils seraient invariablement, inexorablement, fatalement exposés à la corruption, à la tentation financière, aux errements de toute nature ?

C’est quoi cette caste où des inculpés et des condamnés abreuvent la presse de leurs considérations sur l’éthique en politique ?

Le pouvoir corrompt dit-on. Et le pouvoir absolu corrompt absolument !

Et si c’était de ce côté-là qu’il fallait chercher le péché originel collectif, cause de ces dévoiements individuels qui gangrènent la vie politique jusqu’à l’écœurement et détournent chaque jour davantage les citoyens de leurs élus, aussi probes soient-ils ?

Car enfin, ces comportements de ministres, de bourgmestres, de députés, d’élus locaux…nous les connaissons. Ces gens autocrates, clivants, peu encombrés d’égard aux autres et à la chose publique, fermés à la critique et la contestation, incapables d’écoute et d’empathie…nous les rencontrons chaque jour dans nos cénacles respectifs. Ces attitudes violentes, dures, claniques, sectaires au sein même de nos formations, nous les savons.

Et ce ne sont pas des pages et des pages législatives sur le plafond des revenus, sur le décumul, etc… -certes indispensables- qui nécessairement agiront sur les comportements et sur les mentalités. C’est vrai que la répression des comportements déviants induit sur la longueur la norme à adopter par chacun. Pour autant, elle questionne nullement sur le sens de l’action publique, elle interpelle peu sur les valeurs de l’engagement, elle ne parle bien sûr pas de la morale en politique et elle ne dit évidemment rien de l’humilité, de la modestie, du doute, de l’exemplarité qui devraient habiter chaque élu.

Plutôt que de réfléchir à leur survie dans le pire des cas ou à leur maintien au pouvoir dans les meilleurs, les formations politiques gagneraient à s’interroger sur leur raisons d’exister et réenchanter le champ des possibles de l’action publique dans un monde où les affaires et les intérêts financiers prennent chaque jour un peu plus le dessus sur la légitimité de l’engagement politique, syndical et associatif.