Opinions

Il faut connaître un vocabulaire précis, l'utiliser à bon escient dans des phrases correctes, tout le monde est bien d'accord!

Il faut repérer les mots-liens qui forment la charpente des textes pour structurer sa pensée. Tout le monde est encore d'accord!

Il faut rechercher, sélectionner des informations, comprendre le sens des textes, en un mot, il faut développer la maîtrise de la langue écrite et orale comme nécessité sociale.

On parle même d'introduire des cours de philosophie dans le cursus scolaire pour la formation du jugement.

Pour quelles raisons alors, doit-on supprimer les 2 heures de français au 2e degré professionnel?

La possibilité de trouver les mots justes n'est-elle réservée qu'à l'élite déterminée dès le départ pour le pouvoir politique?

La discrimination positive est-elle une idée ringarde?

Que veut-on? Un homme qui consomme? Qui se tait?

Enchaîné et robotisé sur une ligne de production?À l'époque où plane l'ombre de l'extrême droite est-il judicieux d'accélérer le déficit de la pensée?

Le monde politique va-t-il forcer l'école à fabriquer le réservoir des analphabètes de demain? (1 personne sur 10 en communauté française).

Comment est-il possible d'avoir du sens, de développer son projet de société si déjà au départ il y a exclusion?

Comment le décret «missions» parle-t-il d'accès pour tous et d'apprentissage à la citoyenneté et à la démocratie si certains sont moins citoyens que d'autres?

Et si la violence commence là où la parole s'arrête, comment faire si certains n'ont pas accès au pouvoir des mots?

© La Libre Belgique 2001