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Christine est née le 3 octobre 1957 à Casablanca (Maroc). Elle arrive à Paris à 18 ans. Après des études de Droit qui la conduisent à travailler comme clerc de notaire, elle débarque en littérature avec un premier roman en 1986, "Les petites filles ne meurent jamais" publié sous le nom de Christine Rheims. Suivront plus de vingt autres, à grand succès, dont "L’Ame sœur", "J’étais l’origine du monde", et "Fringues et Mélancolie du dimanche". On lui doit aussi plusieurs expositions de collages, en France et à l’étranger.

Epouse de l’éditeur Olivier Orban, elle est maman de deux garçons et avoue deux passions, en dehors de l’écriture : les brocantes et le sport. "J’aime marcher dans les villes et les campagnes."

Parisienne de cœur , elle confie se sentir parfaitement bien dans son quartier de la capitale. "J’ai été très triste de quitter mon pays étant jeune. Je me sens très bien ici. Ce serait un déchirement de partir : je ne le referais pas." Et ce, même pour répondre à l’appel du large afin de retrouver le bord de mer qui faisait partie de son paysage de petite fille…

"Avec le corps qu’elle a, cela va être facile pour elle." Ces mots prononcés par son beau-père détruisent la jeune femme au centre de votre dernier roman. La beauté pourrait donc constituer un handicap ?

Elle peut être un piège en tout cas, oui. Surtout quand on n’en joue pas comme mon personnage qui souhaite par-dessus tout exister par ses livres et écrire. Le nombre de lettres que j’ai reçues depuis la publication du livre dans lesquelles des femmes témoignent l’avoir entendu elles aussi, cette terrible phrase, me confirment que c’est une réflexion qui existe toujours bel et bien. Je déteste qu’on commente le physique d’une femme, qu’on qualifie son corps quel qu’il soit. Je trouve cela insultant, dévalorisant. On existe par son esprit, le reste on n’y peut rien. On fait rarement cela aux hommes par contre.

Dans une interview accordée en août ‘99, vous disiez : "Chaque fois que je sors un de mes livres, certains médias me demandent de poser en robe de soirée avant de s’intéresser à ce que j’écris. J’ai beau chercher, je ne trouve pas d’homme écrivant à qui les critiques réservent le même traitement." Cela s’est-il amélioré ?

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