Opinions
Une opinion de Dorothée Baillet, conseillère facultaire aux études en faculté des sciences psychologiques et de l'éducation à l'ULB. Accompagne des étudiants qui rencontrent des difficultés en première année.


Commencer la session avec ce sentiment (ou certitude) est une expérience désagréable. Comment gérer cela ?


Sortir des premiers examens de la session en ayant le sentiment (ou la certitude) de les avoir ratés est une expérience désagréable. En particulier, elle peut donner aux jeunes étudiants le sentiment de ne pas être à la hauteur et les conduire à se désinvestir de leur session d’examens. Dès lors, comment réagir ? Faut-il baisser les bras ou se reprendre ? Est-il nécessaire d’analyser tout de suite les erreurs commises ou est-il préférable de reporter cette démarche à la fin de la session ? Voici quelques conseils qui devraient permettre aux étudiants qui vivent cette expérience de se remettre en selle.

Rester braqué sur un échec et nourrir le sentiment de ne pas être à la hauteur peut amener les étudiants à baisser les bras et, à terme, à entrer dans une véritable spirale qui pourrait conduire à échouer les examens suivants. Au contraire, il est préférable de se concentrer sur ce qui peut encore être réussi ! Dès lors, il faut à tout prix éviter de rentrer chez soi et de plonger dans les cours pour vérifier ses réponses. En effet, au mieux vous en sortirez un peu rassuré, au pire, vous serez découragé. Quoiqu’il arrive, il est trop tard et il est donc préférable de se tourner vers ce qui peut encore être réussi : le reste de la session.

Pour ce faire et à condition que le temps dont vous disposez avant le prochain examen le permette, il peut être intéressant de prendre un peu de temps pour vous reposer et vous détendre avant de vous y remettre. Profitez aussi de ce court répit, pour ranger votre espace de travail et préparer les documents dont vous aurez besoin pour l’examen suivant.

Pour autant, faut-il définitivement adopter la politique de l’autruche ? La réponse à cette question est négative. En effet, comme le souligne Mireille Houart (1), "faire des erreurs est ‘humain’, et c’est en tirant des leçons de vos erreurs que vous pourrez mettre toutes les chances de votre côté pour réussir". Il peut donc également être intéressant de prendre quelques minutes pour analyser les raisons qui ont amené à l’échec : comment vous êtes-vous préparé pour présenter l’examen ? Aviez-vous connaissance du type de questions de l’examen ? Avez-vous été surpris par les questions ? Etaient-elles plus précises que vous ne l’aviez imaginé ? Répondre à ces questions devrait vous permettre de tirer quelques enseignements pour vous préparer au mieux pour les examens suivants. Dans le même ordre d’idées, si vous pensez que vous avez raté l’examen parce que vous avez été envahi par le stress ou que vous n’êtes pas parvenu à vous concentrer (il y a souvent de nombreux bruits parasites), il est important que vous identifiiez quelques techniques qui vous permettront de dépasser ces difficultés. Cela peut, par exemple, être de prendre quelques minutes pour respirer profondément avant de lire les questions, vous munir de bouchons d’oreilles pour vous isoler du bruit ou encore parcourir votre formulaire d’examen et commencer par répondre aux questions pour lesquelles vous êtes sûr de vos réponses.

Enfin, trois éléments importants doivent encore être soulignés. Premièrement, à moins que vous n’ayez pu répondre à aucune question, vous ne connaissez pas vos résultats. Dès lors, il est possible que l’échec que vous anticipez ne soit pas réel. En effet, sachant qu’il est difficile de s’évaluer avec précision, il n’est pas rare que des étudiants aient le sentiment d’avoir complètement échoué à un examen et découvrent par la suite qu’ils l’ont finalement réussi. Deuxièmement, il est important de relativiser : même si vous avez effectivement échoué à un examen et qu’il faudra donc le représenter, sachez que vous n’êtes pas seul dans cette situation : de nombreux étudiants, parmi lesquels se trouvent des étudiants brillants, représentent et réussissent chaque année des examens en seconde session. Enfin, sachez que de nombreuses institutions organisent des activités afin de vous accompagner vers la réussite et que vous n’êtes donc pas seul pour faire face à vos échecs et repartir du bon pied pour le deuxième quadrimestre. Ces activités peuvent être des séances de remédiation pour des cours réputés difficiles, des ateliers méthodologiques, des entretiens individuels avec des professionnels de l’accompagnement des étudiants, etc. N’hésitez donc pas à vous renseigner à ce sujet.

--> (1) Réussir sa première année d’études supérieures. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur - 2017.