Opinions

Politique

Une utopie pour la Belgique ?

De plus en plus de personnes proposent de corriger notre architecture institutionnelle en redéfinissant nos trois régions : une flamande, une wallonne et une bilingue, qui reprendrait les contours de l’ancien Brabant (avantages : plus de problème de financement de Bruxelles, résolution de BHV). Et, pourquoi pas, y ajouter une région germanophone ? Mais surtout, faisons correspondre les communautés aux limites de ces régions, ou, tout simplement, supprimons les communautés ! Car les manœuvres communautaires concernant Bruxelles sont des bombes à retardement. Et ne serait-il pas plus emblématique de proposer que cette région centrale devienne quadrilingue (français, flamand, anglais et allemand), ce qui, d’une part, constituerait un signe fort vis-à-vis de nos partenaires internationaux et, d’autre part, rendrait le changement beaucoup plus acceptable pour les villes brabançonnes unilingues actuelles. Cette proposition pourrait devenir l’occasion de créer en région bruxelloise des partis politiques qui auraient une base régionale plutôt que linguistique : un personnel politique spécifique, qui serait en outre admirablement bien placé pour arbitrer les conflits entre les deux autres régions. Si nous voulons sortir de notre crise par le haut, et non par le populisme, Bruxelles doit cesser de n’être qu’un enjeu, et doit devenir une opportunité pour tous. Le monde politique bruxellois ne doit pas rester simplement réactif aux propositions des deux autres régions, il doit devenir proactif, prendre des initiatives politiques prônant l’ouverture internationale et multilingue, se positionner comme tel vis-à-vis des autres régions. Tout ceci ne mériterait-il pas une petite "tempête de cerveaux" ?Luc Boulet LIMELETTE

Fin de crise ?

Tout en regrettant la sorte d’armistice propice à toutes les manœuvres en coulisses, la réouverture des négociations politiques est vraiment espérée par la majorité des Belges. Mais il est normal qu’elles se déroulent selon le programme avalisé par le CD&V pour prix de son retour à la table des "Huit". Il faut vraiment se débarrasser de ce cauchemardesque BHV une fois pour toutes. Même si nous, francophones, devrons avaler de grosses couleuvres. C’est la condition d’un retour du pays à des institutions stabilisées, à une restauration de sa réputation internationale et à sa capacité d’affronter la pire crise économico-financière de notre temps.Jean-Charles Mignon

Peine de mort et démocratie

Une pétition lancée en Grande-Bretagne vient de recueillir plus de 100 000 signatures pour le rétablissement de la peine de mort dans certains cas de crimes particulièrement odieux. Comme si un crime d’ailleurs n’était pas particulièrement odieux ! Réintroduire la peine de mort dans nos civilisations signifierait un recul de la démocratie et, de toute façon, il n’appartient pas à l’homme d’ôter la vie d’un autre au nom de la justice et de la vérité judiciaire qui, par ailleurs, n’est pas invincible. Mais il faut toutefois s’interroger sur les raisons qui amènent un nombre important de citoyens d’une nation reconnue démocrate et tolérante à revendiquer la peine capitale dans des cas particuliers. C’est probablement au niveau du sentiment d’impunité relativement ressenti qu’il faut chercher une cause de ce phénomène qui tend à se répandre aussi dans d’autres pays. En effet, la perpétuité n’existe plus que sur le papier et les grands criminels, parfois récidivistes, n’exécutent que des peines toujours réduites au nom de grands principes souvent difficiles à comprendre. Par ailleurs, ceux-ci bénéficient régulièrement des conseils avisés des plus grands avocats auxquels le commun des mortels n’a pas accès, ne fût-ce que pour des raisons financières. Le constat vaut aussi en Belgique où l’on voit des organismes officiels s’interroger sur les conditions de vie et de confort des prisonniers avant de donner aux familles des victimes tous les moyens pour essayer de se reconstruire. Il ne s’agit nullement d’encourager la mise en place de conditions de vie inhumaines pour les meurtriers mais il faut savoir reconnaître aussi que la naïveté et une trop grande clémence nuisent à la démocratie. Non à la peine de mort mais oui aux peines de très, très longue durée. Qui pourrait les rejeter - sauf au nom du politiquement correct et de l’autocensure nocive - pour les auteurs, par exemple, de la récente tragédie en Norvège ou de crimes d’enfants tels qu’en a connu la Belgique lors de ces deux dernières décennies ? Qui chez nous également pourra comprendre - au nom de l’Etat de droit, selon un ministre - que l’on donne légitimement le statut de réfugié politique (avec les avantages qui en découlent !) à un ancien terroriste ? Une fois encore, non à la peine de mort et à la loi du talion mais non aussi à la permissivité et à la compréhension de l’incompréhensible.Yves Gauthy