Opinions
Indemnités parlementaires, responsabilité environnementale et dignité dans l'enseignement : quelques-unes de vos préoccupations en trois courriers.

Parlement wallon
Indemnités de sorties inacceptables

Mesdames et Messieurs du Parlement de Wallonie, Je vous écris pour vous exprimer ma stupeur et ma colère en apprenant tout récemment dans les médias le montant des indemnités de sortie des députés du Parlement. Je ne peux que m’associer à la perplexité et aux interrogations de nombreux de nos concitoyens, attachés au respect des conditions minimales d’acceptabilité sociale du principe de l’indemnité de sortie (adéquation raisonnable entre le montant octroyé et sa justification concrète : soutien aux démarches d’un citoyen pour retrouver un travail, reprendre une formation, supporter une période d’incertitude, etc.). Environ 100 000 euros (voire jusqu’à 350 000 dans certains cas) d’indemnité pour un(e) député(e) quittant le Parlement sans se retrouver "sur la touche" (car récupérant une fonction et une source de revenu ailleurs) ? C’est inaudible. Avec les informations communiquées par les organes de presse, nous avons envie (et je ne suis certainement pas le seul) de crier au scandale, un de plus qui décourage d’espérer dans la probité de nos représentants politiques et le respect de leurs électeurs, et renforcera malheureusement la montée des populismes et des extrêmes. Je vous en supplie, montrez-nous que votre conscience est à la hauteur de vos paroles en matière d’éthique. Puisque vous en avez la possibilité comme le prévoient les procédures, renoncez, pour celles et ceux d’entre vous qui allez retrouver une fonction rémunérée, à l’indemnité disproportionnée et moralement inacceptable à laquelle, si vous en faites la demande explicite, vous avez injustement et incompréhensiblement "droit" (mais franchement, de quel droit parle-t-on ?).

David Doat, citoyen en colère


Environnement 
Les responsables, ce sont eux

Pour moi, c’est le système économique et financier international qui est le principal responsable de la pollution et du réchauffement climatique. Ce sont eux qui produisent des tas de marchandises dont personne n’a besoin, en éliminant du marché celles qui sont vraiment utiles ; ce sont eux qui lancent dans les airs, sur les routes et les océans, des multitudes d’avions, de camions et de navire effroyablement polluants. Ce sont eux qui ne fabriquent que des produits de si mauvaise qualité qu’on doit constamment en racheter en produisant ainsi dix fois plus de déchets que nécessaire. Ce sont eux qui éliminent du marché tous les éléments de base qui permettraient aux populations de se passer le plus possible d’eux. Ce sont eux qui accumulent dans les fermes à serveur énergivores des milliards de données imbéciles uniquement destinées à pousser les gens à consommer encore plus de données et de produits. Ce sont eux qui dominent le marché des produits "écologiques" et ne vendent les outils de lutte contre le réchauffement climatique qu’à des prix d’or hors de portée du commun des mortels. Ce sont eux qui mettent populations et pays entiers en compétition pour la survie […] Pourquoi ne dénonce-t-on jamais ces actes ? Pourquoi ne parle-t-on jamais que de ce que Nous devons faire alors que nous n’en recevons jamais les moyens, puisque ça ne servirait pas le capital et l’intérêt des actionnaires ? Parce que même si les 3/4 de la population vivaient comme des moines, ça ne résoudrait strictement rien, parce que ce n’est pas eux qui polluent le plus.

Estelle Louckx


Enseignement 
Tous les enfants méritent un traitement digne

Une jeune enseignante enthousiaste avait préparé avec soin un cours sur l’histoire de la musique. Pour être bien sûre d’intéresser toute la classe, elle avait prévu des morceaux de musique choisis. C’eût été parfait… Sans Manon qui, hyperkinétique, présente dans la classe parce qu’elle "a droit au même enseignement que les autres", a beaucoup souffert : s’ennuyant, elle a ennuyé, dérangé les autres élèves. Les autres élèves ont réagi avec colère car ce cours leur plaisait vraiment. Manon a souffert de l’attitude des autres, l’enseignante a tenté de calmer tout le monde… Et le cours parfait fut un tel flop que cette jeune enseignante enthousiaste se demande si elle voudra continuer à enseigner. Cette histoire m’a été racontée par une collègue en réponse à mon texte sur "le cours de latin pour tout le monde". Tous les enfants méritent un traitement digne, traitement préservant, augmentant leur sentiment de la dignité, quelles que soient leurs capacités. Cette dignité, un enfant ne l’a pas de naissance, il ne l’acquiert pas non plus en étant conforté sans arrêt, en pouvant agir à sa guise. La dignité vient avec l’effort. Un effort réel et possible ! Si Manon ne peut rester tranquille en classe, Pierre ne supporte pas des cours trop "intellos" et Paul sera toujours incapable de taper correctement avec un marteau… Pourquoi ne pas admettre les différences fondamentales, réelles et durables entre humains ? Pourquoi enseigner du latin à tous, pourquoi faire souffrir ceux qui y prennent goût comme ceux qui n’en ont rien à cirer ? Je respecte tous mes élèves, ai souvent dit - et je le pense - que les plus intelligents sont ceux qui arrivent à réaliser un travail aussi utile qu’intéressant à leurs yeux, non les élèves du sacro-saint Général trop souvent et uniquement doués de mémoire et de la capacité de rester assis. À quand un enseignement qui convient à Manon, à Pierre, à Paul et tant d’autres que je vois s’ennuyer ferme et qui perdent toute dignité dans "l’égalité" ?

Mia Vossen