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Élargissement du Ring de Bruxelles



Une différence culturelle

Je ne suis pas d’accord avec l’opinion "Oui, il faut élargir le Ring de Bruxelles" (La Libre, 19/04/2018). J’encourage l’auteur à se rendre à Amsterdam, une ville 50 % plus importante que Bruxelles, dans laquelle il n’y a presqu’aucun embouteillage. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a aucune place de stationnement dans la ville, sauf dans les parkings privés hors de prix. Donc, personne n’utilise de véhicule et beaucoup d’habitants n’en ont pas. Je ne pense pas que l’on puisse qualifier les Pays-Bas de désert économique, loin s’en faut. Quant au climat, il est identique. La différence est culturelle, ni plus ni moins.

Claude Houet

Plutôt finir le RER

A-t-on envie de respirer enfin un air pur et de conduire un peu tranquillement dans la capitale ? Si oui, alors cet élargissement n’est pas souhaitable. Qu’ils utilisent ce budget pour finir le RER et desservir Bruxelles correctement avec des transports en commun ! Cette carte blanche semble avoir été écrite par deux vieux automobilistes encore bloqués au XXe siècle dans leur tête. C’est à se demander s’ils ont des enfants, vu l’entêtement qu’ils ont à encourager la pollution de l’air dans la capitale ! Elargir le ring ne fera que créer un appel d’air supplémentaire qui fera entrer plus de voitures dans la capitale. Pourquoi ne pas dépenser les 10 milliards d’euros (!!!) du projet à développer des alternatives viables ? Allez, un peu de créativité, messieurs !

Benoît Vermeulens

Il y a d’autres solutions

On pourrait poser le problème en partant d’un tout autre point de vue. Pourquoi vouloir, au détriment de la qualité de vie de tous, navetteurs et Bruxellois, toujours concentrer l’activité économique à Bruxelles et dans sa (proche) périphérie ? Pourquoi à tout prix déserter le sud et le nord du pays ? Pourquoi ne pas créer des zones d’activité économique (ou améliorer les zones existantes) en Wallonie et en Flandre ? Ayant fait la navette Sud du Hainaut-Brabant wallon pendant plus de 20 ans et la navette Sud du Hainaut-Nord de Bruxelles pendant 4 ans, je peux vous dire que la qualité du travail et la rentabilité (si chère à nos auteurs) n’en seraient que gagnantes. Tout comme la qualité des relations familiales et amicales ! Il y a tant de friches à réinvestir en Wallonie et en Flandre (un peu moins, j’en suis conscient), friches souvent proches d’axes fluviaux et/ou ferroviaires, axes et moyens essentiels au transport des biens sur moyennes et longues distances ! Cela diminuerait drastiquement la circulation automobile et celle des poids lourds. Et Dieu sait pourtant que je suis vraiment amateur de la chose automobile, du plaisir de conduite qui fout le camp à cause de ce trafic justement ! Aujourd’hui, je suis à la recherche d’un emploi, proche de mon domicile, de façon à pouvoir utiliser vélo et/ou chaussures et/ou bus au quotidien. Et sortir ma voiture pour le plaisir/les loisirs le WE, sur des routes peu ou pas encombrées ! Oui, je crois à une économie de proximité, il suffirait d’un peu de volonté politique ! Est-ce une denrée devenue si rare que l’on n’ose plus en parler ?

Anonyme

Trop de disparité

Il faut élargir le ring de Bruxelles, c’est certain, mais alors aussi, et surtout, le Ring est vers Waterloo. Il ne sert à rien d’avoir 8 bandes de circulation au nord et 2 au sud-est. […] Je soupçonne la Flandre de faire en sorte que cela reste ainsi pour ne pas favoriser la fluidité du trafic venant de l’E411. Pareil à Halle, venant de l’E429, où l’autoroute se termine par des feux… Aberrant mais calculé. Et à nouveau pareil pour la sortie vers Wavre de l’E40, quand vous arrivez au premier feu qui reste une éternité rouge… Minable !

Bernard Coppieters

Enfin un discours réaliste, sans idéologie ni utopie

Les opposants qui annoncent sans rire qu’augmenter la capacité des routes augmentera le nombre de voitures se trompent. […] Le taux d’équipement automobile par ménage a atteint son apogée. Il n’y a donc pas une "réserve" de voitures prête à être libérée en fonction de la fluidité du trafic. Par contre, j’attends toujours une étude qui mesurerait l’espace public occupé par les pistes cyclables rapporté au nombre de cyclistes. Alors qu’il est probablement inférieur à celui de la voiture dans une ville plate comme Amsterdam ou Copenhague, je pense que la topographie de Bruxelles conduira à une empreinte négative. La première cause de l’engorgement de Bruxelles n’est pas le nombre de voitures, mais la confiscation de l’espace public au profit de lubies et de groupes de pression dont le tapage est inversement proportionnel à la pertinence de leurs solutions…

Patrick Vermer


Visites domiciliaires  


Mon droit le plus strict

Un migrant, même en situation irrégulière, n’est pas un délinquant, mais une personne en difficulté et en grande précarité. C’est mon droit le plus strict si je veux lui porter assistance en l’hébergeant, même en séjour irrégulier. En 1944, mes parents et nous, 6 enfants, avons hébergé durant un moment, une jeune femme juive et sa petite fille de 4 ans recherchées par la Gestapo. Alors, on ne va pas recommencer, non ! Si ce gouvernement veut m’imposer une visite domiciliaire pour ce cas, même avec un juge, il devra défoncer ma porte. Jamais je n’accepterai cette loi.

Bernard Henry de Frahan


Famille  


Ne culpabilisons pas

Merci d’avoir publié le témoignage "Le jour où j’ai failli secouer ma fille" (lalibre.be). C’est important de savoir que d’autres sont passés par là et que, oui, un enfant, c’est beaucoup de joies mais ce n’est pas simple tous les jours. Alors ne culpabilisons pas et faisons de notre mieux. En Afrique, on dit qu’il faut un village pour faire grandir un enfant, ici, c’est un peu chacun pour soi et demander un peu d’aide est beaucoup moins évident.

Hélène Nunez


Une Place Patrice Lumumba  


Le Congo doit choisir ses héros

J’apprends, via "La Libre Belgique", que le conseil communal de Bruxelles s’apprêterait à voter l’inauguration, à Bruxelles, d’une statue et d’une place à Bruxelles dédiées à Patrice Lumumba. Quand un pays veut honorer une personnalité étrangère, c’est pour le motif évident qu’elle a rendu d’éminents services à ce pays ! Quels éminents services Lumumba a-t-il donc rendu à la Belgique ? De plus, comment est-il encore possible, à notre époque, d’avoir une telle posture néocolonialiste, paternaliste, prétendant ainsi dicter aux Congolais quels sont les héros qu’ils devraient honorer ? Le Congo est un pays souverain à qui il appartient, et à lui seul, de désigner ses propres héros. La posture du conseil communal relève donc d’une parfaite ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain.

Léon-Pierre David