Opinions

Voici quelques-unes de vos réactions aux sujets qui ont fait l'actualité la semaine dernière.


La Poste


Dans l’air du temps

J’estime qu’il est intenable en l’état de continuer avec un passage quotidien du facteur. C’est tout simplement impayable. Tous les deux ou trois jours devraient suffire vu le peu de courrier important encore distribué. Les e-mails détruisent progressivement le courrier papier. Jean-Michel Defrance


Et les lettres d’amour ?

La Poste aurait dans ses projets de ne plus distribuer le courrier que tous les trois jours ! Et pourquoi pas une fois par semaine tant qu’on y est ? Je suis abonné à beaucoup de revues, j’aime le courrier ! Je n’imagine pas envoyer mes vœux de bon anniversaire, de Noël et de Nouvel An par Internet. Je me souviens encore, jeune adolescent, de ma première lettre d’amour : choisir le papier à lettre ou la carte, trouver un beau timbre et attendre la réponse, le cœur battant… Le facteur avait aussi un rôle social : la boîte aux lettres d’une dame âgée qui déborde… et le facteur sonnait chez les voisins pour prendre des nouvelles et alerter la police si besoin. Recevoir le faire-part de décès d’un être cher le lendemain de l’enterrement ou une convocation urgente chez Actiris ou à l’Onem en retard, cela fait un peu désordre ! Si tout simplement, nous réapprenions à nous écrire, en utilisant moins l’ordinateur et les tablettes, mais plutôt un stylo, un bic et pourquoi pas… une plume. En n’oubliant pas que moins de tournées signifie plus de chômage pour nos chers facteurs. Ce monde numérique me désespère…Pierre Misson


Problème avec la justice

Si les tournées quotidiennes sont supprimées, le "cachet de la poste faisant foi" risque de poser problème. De nombreux délais de recours ou de contestation, en droit du travail, de l’urbanisme, en droit social, des contestations de factures, etc., sont basés sur une distribution à J + 1 ou J + 2 du courrier. Si l’on passe à J + 3, il va falloir revoir les codes judiciaires ainsi que de nombreux procès… Ce qui me semble impossible. Emmanuel Busetti


Environnement


Quelques pincées d’idéal

Je souhaite verser ma petite goutte d’eau pour encourager le respect vis-à-vis de la planète, du "vivre ensemble" et de ce qu’on nomme les valeurs. Comme le constate l’économiste J. Rifkin, nous sommes à l’âge de la coopération et de la participation. Tout le monde s’accorde à dire que notre mentalité doit évoluer et, pour reprendre une phrase de G. Dolphin (LLB 9/8/2018) : "une transformation choisie vaut mieux qu’une adaptation forcée". Il est impérieux que l’apathie se transforme en empathie ! Laissons aussi jaillir des idées, parfois jugées farfelues ou utopistes, pour secouer nos neurones. Erasme, au XVIe siècle, en a fait l’expérience et les frais mais son projet d’humanisme, irréalisé (et irréaliste…) reste éternel car il permet "de fournir à chaque génération un élément de progrès moral" (S.Zweig). Saupoudrons donc notre vie de quelques pincées d’idéal : cela aide à marcher et c’est roboratif ! Claire de Ribaucourt


Enseignement


Jeunes professeurs, ne vous découragez pas !

J’étais professeur dans une école secondaire de Bruxelles. "Dire" chaque fois encore une première fois a été ma ligne de conduite tout au long de ma carrière. Travailler avec les élèves a été pour moi chaque fois un épisode durant lequel je découvrais un public nouveau qui exigeait de moi que je trouve en accord avec lui les modes d’échange les meilleurs. Jamais je ne me suis ennuyée. Travailler avec les élèves avait les saveurs d’une première rencontre : enthousiasme, curiosité, envie de partager. Mais une première rencontre n’aboutit pas toujours à un succès. Pour que la rencontre se réalise, il fait que l’Autre ait également envie de s’impliquer - ce qui, comme les professeurs le savent, n’est pas toujours le cas. Ma carrière a été jalonnée de belles rencontres, de rencontres plus ou moins réussies, et, je l’avoue, d’occasions ratées. En effet, le métier de professeur, s’il est passionnant, n’est pas facile. Il requiert à la fois beaucoup d’énergie et une grande humilité. Il ne s’acquiert pas avec le diplôme mais se tisse au fil des années. Alors, jeunes professeurs qui aimez ce métier, ne vous découragez pas si vos premières années sont difficiles et ne correspondent pas à vos attentes. Tenez bon ! On devient professeur en ayant un regard rétrospectif et critique sur son travail, en échangeant avec ses élèves et avec ses collègues, en cherchant toujours à se renouveler. Se renouveler pour dire chaque fois encore une première fois… La boucle est bouclée ! Je terminerai par une réflexion plus large sur l’Ecole. Dans notre société peu paisible qui trop souvent s’enferme dans la peur, dans la surconsommation et la surinformation, l’Ecole m’apparaît comme un poumon. Elle met en avant la générosité, la solidarité, le respect mutuel et apporte ainsi un souffle d’air bien nécessaire. J’ai eu la chance de travailler dans une école qui honorait ce rôle salutaire. Sylvie Maris


Le Congo, l’oublié de nos cours d’Histoire ?

Après avoir été durant 35 ans professeur d’histoire dans le "secondaire supérieur général", je suis interpellé par votre dossier consacré à l’oubli du Congo dans les cours d’histoire, publié dans vos pages de ce mercredi 22 août. J’ai eu la chance d’enseigner dans une école de "bon niveau" où les heures passées à donner cours permettaient de faire réellement de la pédagogie et non pas du "gardiennage" disciplinaire. Ce qui m’amène à dire que j’ai pu aborder de nombreux sujets dont celui de la colonisation (en 5e surtout pour l’Afrique) et de la décolonisation (en Rhéto). Je partageais ce privilège avec des collègues et nous échangions nos infos et pratiques quand cela s’avérait nécessaire. En outre, il faut savoir que dans un certain nombre d’écoles, les élèves peuvent choisir à partir de la 5e année l’option histoire (4 heures/semaine), ce qui était le cas dans notre école et nous laissait du temps pour approfondir un certain nombre de sujets durant l’année. Avec la réforme des programmes actuellement appliquée et les épreuves externes qui s’y sont désormais ajoutées, on assiste à une diminution de la liberté pédagogique et méthodologique (les rigides "compétences"). Il ne semble pas que ces contraintes nouvelles, quoique lourdes, doivent empêcher le professeur de prendre le temps de développer ces thématiques importantes. Les idées pédagogiques de M. Charlier d’Unia ne constituent pas une nouveauté : on n’a pas attendu ce genre de suggestion pour effectuer des "sorties" dans des lieux correspondant aux thèmes abordés en classe ! Que ce soit Breendonck ou l’ex- caserne Dossin (pour la 2e G.M.), les monuments gothiques, le musée de Tervuren (quand il était accessible) ou bien d’autres lieux, les profs d’histoire et d’étude du milieu arpentent très régulièrement les lieux emblématiques qui ont une portée historique permettant de compléter et d’enrichir ce que l’on a vu en classe. Cependant, il ne faut pas trop s’illusionner quant à la puissance d’impact durable ou profond que peuvent avoir les thèmes, matières et manières de faire dans nos classes. Certains sondages réalisés aux Etats-Unis et en Europe ont déjà montré les limites d’un enseignement sur certains individus ou groupes d’individus : un pourcentage important d’adultes qui ont suivi des cours de biologie, d’anthropologie historique ou de physique continue de croire que nous descendons d’Adam et Eve et que le monde a été créé ex nihilo ! Si la formation scolaire est essentielle pour permettre à chaque être humain de s’épanouir dans la société d’aujourd’hui et de demain, elle est insuffisante à contrer tout ce qui relève de "l’affect", car la rationalité exige une démarche critique proactive alors que les sentiments, le "ressenti" comme on aime à le dire aujourd’hui, sont bien souvent privilégiés surtout quand l’individu se retrouve dans un groupe ou une foule qui le porte littéralement à exprimer "ses tripes" et, donc, ses préjugés basiques et ses peurs primaires… Christian Hubin


Décès de Kofi Annan


Le précurseur

Kofi Annan était un précurseur. Le premier secrétaire général des Nations unies à venir d’Afrique subsaharienne. Mais une empreinte terrible demeure dans la carrière de celui qui est mort samedi dernier à 80 ans : le génocide au Rwanda. Comme de nombreux autres responsables, diplomates et ministres des Affaires étrangères, il aura été marqué par l’incapacité de la communauté internationale à prévenir et empêcher le génocide en 1994, qui fit 800 000 morts selon l’Onu. Philip Webb


Si on l’avait laissé faire

Kofi Annan symbolisait le citoyen du monde pacifique et de bonne volonté capable de trouver des solutions à tous les problèmes géopolitiques du monde… Si seulement on l’avait laissé faire ! Bernard Dandoy



Le tabac dans les lieux publics


L’Australie est un modèle

A Strasbourg, il est désormais interdit de fumer une cigarette dans un parc public. Il s’agit de la première ville française à franchir le pas du bannissement pur et simple du tabac dans ses parcs. En Australie, fumer dans l’espace public est pratiquement interdit (parc, zones larges autour des écoles, etc.), il est aussi interdit de fumer en présence d’enfants où que ce soit. Lorsque notre famille a hébergé une étudiante australienne, cette dernière était estomaquée en voyant les étudiants et les parents fumer à la sortie du collège, forçant tous les autres élèves à traverser un mur de fumée pour quitter le bâtiment. En Australie, fumer en public est simplement devenu socialement inconvenant. Ce n’est qu’en appliquant des mesures strictes que l’on viendra à bout du tabagisme passif…Alf Wen


Stop !

Je suis favorable à une interdiction totale du tabac sur la voie et l’espace public. Cela évitera les mégots à terre, très polluants pour la nature et peu biodégradables. Fini aussi d’être incommodé par celui qui marche devant vous, exhalant son gaz toxique, surtout pour les enfants et les bébés. Pour ceux qui me répondront "Et les émanations de gaz pétrolier des véhicules en ville ?", je leur dirai que les voitures, bus et camions électriques existent déjà, il ne reste plus qu’à attendre qu’ils se répandent…Gazmênd Arifi


La faute au smog

Avant d’interdire le tabac, je tiens à dire que les crises d’asthme sont surtout liées à la pollution extrême de notre société de consommation et de déplacement autoroutier. Les pics de smog sont récurrents en Belgique, voire en Europe. Dominique Inri


Riposte


Mon raisonnement ne flanche pas

Dans ma chronique du 10 août dernier, je traitais de la question des métiers en pénurie. Je l’ai abordée d’abord sous l’angle "libéral" qui voudrait que ce problème se résolve par l’ajustement des salaires, pour ensuite indiquer que "(…) le marché du travail n’est pas similaire au marché d’un bien ou service ordinaire, et donc que le traitement des pénuries n’est pas qu’une question de prix et donc de salaire. (…) le salaire n’est pas la seule variable d’ajustement". Je trouve dès lors inapproprié de lire sous la plume de M. de Wasseige que mon "raisonnement flanche" parce que j’oublierais que "le salaire n’est pas tout dans le choix d’une profession" ou que "la variation des salaires ne régule qu’imparfaitement le marché du travail". De même en va-t-il lorsqu’il me reproche d’ignorer que n’existe pas "la formule magique pour transformer un commis sans diplôme en un ouvrier qualifié ou en un informaticien" alors même que j’ai écrit que, sur le marché du travail, il y a à prendre en compte "les inerties, liées à la formation et à l’expérience, qui freinent les reconversions". Il peut se comprendre que M. de Wasseige redoute l’incidence, en termes de compétitivité et de profitabilité, d’une augmentation des salaires pour les métiers en pénurie mais, là où j’ai explicitement parlé de noir et de blanc, me reprocher d’avoir parlé du noir en oubliant le blanc est intellectuellement inapproprié. Etienne de Callataÿ