Opinions Vous avez été très nombreux, cette semaine, à commenter l’actualité et les ripostes et opinions publiées dans nos pages. Alors à vous la parole !

Johnny Hallyday : sincérité et amour

Etant un de vos lecteurs fidèles depuis 50 ans, je vous envoie cette réponse aux ripostes relatives à l’hommage rendu à Johnny Hallyday ("La Libre" 12/12/2017). Merci d’abord pour l’objectivité et les articles à ce propos parus dans vos éditions. Je peux comprendre que tout le monde ne soit pas fan du chanteur, c’est une question de goût musical ou de jugement personnel. Pour ma part, j’avais 15 ans lors de ses débuts, et je l’ai seulement vu une fois au stade Roi Baudouin. Mais j’ai toujours suivi sa carrière et suis resté un fan fidèle. De ce fait, je tiens à apporter une précision suite à cet avis de l’un de vos lecteurs : "Pour ou contre Johnny ? Ni l’un, ni l’autre. Juste interpellé par ce monde en perte de sens qui cherche des idoles. Nous n’en avons pas fini avec les hystéries collectives." D’abord en tant que professionnel paramédical ayant une certaine expérience, je voudrais rappeler la définition de l’hystérie : une névrose qui dispose certains sujets à présenter un comportement ayant des apparences d’infirmités ou de maladies physiques ou psychiques, accompagnées d’agitation ou de frénésie et de perte de contact relative avec l’entourage sain. Cela peut s’accompagner de malaises avec nausées, vomissements, convulsions, état syncopal, non expliqués par une quelconque pathologie. Ce terme d’hystérie, collective dans ce cas, ne correspond donc pas du tout avec ce que j’ai pu voir lors de l’hommage rendu lors du décès et des funérailles de Johnny. Cela s’est passé dans le plus grand calme, le recueillement, le respect et l’absence de toute agitation ou agression lors d’un rassemblement d’un million de personnes. J’ai entendu un journaliste expérimenté dire que la seule fois où il avait vu un tel respect et un tel recueillement, c’était lors des funérailles du roi Baudouin. Les fans de Johnny sont venus simplement rendre hommage à celui qui pendant 60 ans les a divertis, accompagnés. […] La sincérité, le respect et l’amour se sont installés petit à petit entre l’artiste et son public. Il ne cessait de dire à ses fans qu’il les aimait, et le rapport à son public était pour lui devenu un besoin vital. Ces valeurs fondamentales restent une base essentielle pour servir de référence pour qui veut se dépasser. Voilà donc pourquoi les personnes qui ne connaissent pas de tels exemples, ou ne savent pas les reconnaître, peuvent se tromper en portant des jugements hâtifs et perdent l’occasion d’enrichir leur expérience.Joseph Debarsy

Vingt pages !

Vingt pages pour un chanteur ! On peut aimer ses chansons, on peut aduler le chanteur. Mais là, c’est de la démesure car sa vie n’est vraiment pas un modèle à proposer à notre jeunesse. "La Libre", tu dérailles…Gilberte Chatelle et Andrée Buxin

Deux pages, heureusement superbes, pour Jean d’Ormesson. On peut aimer ou pas ce grand écrivain mais, comme l’a merveilleusement décrit Emmanuel Macron : "… le meilleur de l’esprit français, un mélange unique d’intelligence, d’élégance et de malice". Six pages pour Philippe Maystadt, un des rarissimes hommes d’Etat de notre monde politique. Le roi Baudouin lui-même n’a eu droit qu’à seize pages lors de sa mort en 1993. Et vingt pages pour Monsieur Hallyday… Triste… Philippe Dykmans

Nous sommes un peuple

Je plains les gens qui se moquent de l’hommage rendu à Johnny, sans comprendre que ce sont aussi ces émotions collectives qui font que nous sommes un peuple, plutôt qu’un simple agrégat d’individus.Henri Dumoulin

Jérusalem pourquoi critiquer trump ?

Un Etat n’est-il pas libre de fixer sa capitale là où il le veut ? Pour autant, bien sûr, que ce soit sur son territoire, afin d’éviter la ridicule décision de la Région flamande de fixer sa capitale dans une autre région (la Région de Bruxelles-Capitale). En quoi l’avis des USA est-il important à cet égard ? La Belgique a-t-elle demandé aux USA la permission de fixer sa capitale à Bruxelles ? A-t-on demandé au Honduras la permission de désigner Bruxelles comme capitale de la Belgique ? Par ailleurs, la décision de Donald Trump n’est-elle pas l’application d’une décision votée par le Congrès américain en 1995 ? Alors pourquoi critiquer Trump ? D’accord, c’est très "mainstream", mais c’est quand même un peu bête de se tromper de cible. Critiquons plutôt la décision du Congrès américain de 1995.Jacques Gombeer

L’agitateur idéal

On cherche vainement une ligne de conduite dans les provocations de Trump, pour ne détecter finalement en lui qu’un seul fil conducteur indiscutable : après le maccarthysme des uns, le néocolonialisme des autres ou encore l’impérialisme, le paternalisme, le mercantilisme, le reaganisme, et autres idéologies tant soit peu construites, est arrivé le crétinisme, credo Trump. […] Il serait d’utilité publique d’établir pour les dirigeants appelés à le côtoyer un manuel de conduite à adopter en présence de ce tribun installé malheureusement à la tête de la première puissance mondiale. Sans doute peut-il être "supporté" par les fabricants d’armes US, qui voient en lui l’agitateur idéal pour semer la discorde, en particulier dans une région du monde déjà suffisamment instable. […] Mais cela ne suffit pas à donner au personnage l’ombre de l’étoffe d’un président dont on attend au minimum qu’il sache ce que sont les bases de la politique, celles qui doivent inspirer sa conduite pour construire l’avenir et le progrès de l’humanité et qui impliquent d’user de la politique comme de l’art de l’équilibre.Philippe van Ingelgem

Euro 2020 et projet de stade national une bonne nouvelle

Ils voulaient construire une Tour de Babel. Un "méga" projet. […] Et patatras, la confusion des langages fut générale : le projet reçut un coup fatal, l’UEFA décida de ne plus compter sur la Belgique et en raya tous les matchs. […] Certains argumentent sur le fait qu’il s’agit de l’image du pays une fois encore écornée. Il y a de quoi s’interroger car la Belgique est représentative en bien des domaines performants. Nous n’avons guère besoin du foot ! Celui-ci expose au monde entier l’image de foules en transes frénétiques, la bière coulant à flots. Alors oui, l’échec du stade est une bonne nouvelle.Damien de Failly

Et l’intérêt général ?

L’idée même de construire un stade national sur le plateau du Heysel était une aberration. Tout le monde le savait, seuls certains dirigeants de l’Union belge se mettaient la tête dans le sable. Le problème des parkings et de la mobilité est insolvable à cet endroit. Si ce projet avait fait l’objet d’une étude valable, sans a priori de localisation, cette étude aurait certainement trouvé l’idée intéressante de construire ce stade en dehors de Bruxelles, d’y amener des transports en commun et de grands parkings. Car dans ce cas, outre les événements sportifs, il aurait permis aux navetteurs (en semaine) d’y laisser leur voiture et prendre cette nouvelle ligne de transports en commun. Mais en Belgique, on pense d’abord aux bénéfices des politiciens, avant l’intérêt général…Bernard Vanheu

Quel besoin ?

Nous avons absolument besoin d’un enseignement efficace, d’une gestion rationnelle et apolitique des deniers publics, d’un financement correct de la justice, de la police, des services de secours, de la recherche et de la culture, mais en aucun cas d’un stade de foot !Cedric Penning

Les diables sans stade

Le contrat qui lie la Ville de Bruxelles et l’URBSFA prend fin en juin 2018. Les Diables rouges n’auront, à partir de ce moment-là, plus de stade à leur disposition à Bruxelles : ils devront jouer en province, dans des stades plus petits. La construction d’un stade "aux normes" et de grande taille permettrait de continuer à jouer à Bruxelles.Dominique Beaudry

La neige merci !

La solidarité existe… Nous trouvant hier sur les routes enneigées et prises dans des bouchons, nous avons encore eu la joie de crever un pneu. Quelle ne fut pas notre surprise, en attendant notre dépannage durant trois quarts d’heure, le long d’une route de campagne dans les environs d’Oudenaarde, de voir s’arrêter SEPT voitures pour proposer leur aide, et surtout des dames seules ! Merci à eux de penser à aider les autres.Danielle et Marie-Christine

Un dimanche en Slovénie

Je rentre de Slovénie où 25 cm de neige sont tombés en moins d’une nuit. Les autoroutes étaient dégagées, on y roulait à 130 et l’aéroport était super-nickel, des pistes super-clean, on dégivre les ailes. Ah oui, j’oubliais, même les routes des hameaux sont dégagées et les ouvriers communaux pelletaient la neige pour rendre l’accès facile aux églises et cimetières… et c’était un dimanche !Dimitri Alexi

Paralysie à Bruxelles : la faute aux conducteurs

La première folie est de circuler sans pneus hiver. Trop de "kings of the road" sont persuadés qu’ils peuvent maîtriser leur véhicule en toutes circonstances et se dispensent dès lors de cet achat. Or il suffit d’un ou deux de ces artistes bloqués dans la montée d’un tunnel de la petite ceinture, et c’est la Bérézina !Dominique Beaudry

Malbouffe : interdire ou pas ? N e nous trompons pas d’adversaire

C’est une opinion a priori rafraîchissante que nous a proposée M. Bill Wirtz ("Alcool, tabac, soda, phosphate dans le kebab et puis quoi : le chewing-gum", "La Libre" du 13/13/2017). Avec une belle ardeur juvénile boostée par le désir tout aussi jeune de s’émanciper d’une chape autoritaire, il fustige la mainmise de l’Etat exercée par tous les moyens dont il dispose sur le mode de vie des citoyens quand celui-ci ne lui convient pas. Non, […] ce désir quasi parental de tout prévenir et de tout contrôler (qui s’exprime par exemple si ouvertement dans les directives européennes à propos des biens de consommation) n’est pas nécessairement respectueux de la liberté individuelle, ni vraiment efficace au vu de la volonté affichée et des moyens mis en œuvre, et nous ne devons certainement pas nous en accommoder. Mais l’Etat, contrairement à l’adage, porte le képi du conseilleur et a dans sa poche le portefeuille du payeur, et il doit faire face à un coût sociétal de certaines habitudes de consommation incriminées réellement prohibitif. […] En tant que médecin je vois, aux soins intensifs où j’exerce, que la majorité des patients hospitalisés pour des pathologies lourdes cardio-vasculaires ou respiratoires (ils constituent notre activité principale) sont des tabagiques actifs ou l’ont été. La fin de leur vie, si elle est souvent pitoyable en raison d’épisodes médicaux divers et récidivants, de détresse respiratoire, d’interventions ou d’infections itératives, de pénibles séjours hospitaliers (mais ce n’est ni le sujet du débat ni le souci majeur des décideurs en santé publique), est en tout cas coûteuse en ressources et en frais d’hospitalisation, et je ne parle pas ici des soins difficiles aux éthyliques ni des conséquences calamiteuses du diabète, très fréquent chez nos patients aussi. Donc, même si on peut le déplorer, l’Etat qui, fort heureusement, prend cela en charge chez nous se trouve dans l’obligation à la fois de trouver des moyens financiers pour payer les conséquences de ces assuétudes et aussi de tenter de réduire cette consommation au maximum.Pierre van der Rest

Avec une loupe et un dictionnaire

Et pourquoi ne pas interdire le chewing-gum, interroge M. Bill Wirtz (idem) ? Certes, ce serait dommage de pénaliser tout le monde mais quand on voit le coût en nettoyage qu’on paie via nos taxes… Une réglementation a surtout pour but de protéger le consommateur qui n’a que très peu de choix face aux industriels. Avant de se battre contre les normes, ne faudrait-il pas se battre contre la non-information des citoyens ? Les huiles végétales sans informations, les chocolats sans chocolat, les alcools sans informations sur la quantité de sulfite, sans informations sur leur composition (taux de sucre…), les yaourts à la fraise sans fraise… Malgré toutes les réglementations, le consommateur doit se balader avec une loupe et un dictionnaire !Benoît Mayeres

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