Opinions Une opinion de Paul Engelmann, habitant de Mortsel, ville traversée par une autoroute pour vélos.


En 2016, il y a eu 745 accidents (dont 8 mortels) avec des vélos électriques contre 518 en 2015. Plus 40 %. Affolant ! 

Le 15 juillet, je lis dans "La Libre" que le ministre donne un coup de pouce aux personnes qui vont à leur travail en speed pedelecs, en leur octroyant les mêmes avantages pécuniaires qu’aux autres cyclistes. Les speed pedelecs sont les vélos électriques à grande vitesse, insonores, pouvant rouler à 45 km/h, presque aussi vite que les coureurs du Tour de France.

Les utilisateurs doivent avoir un permis de conduire et une plaque d’immatriculation. Ils peuvent rouler sur les pistes cyclables. Pas de commentaires dans le journal bien qu’ils seront auteurs de graves accidents et empoisonneront fortement tous les usagers actuels…

Quelques jours plus tôt je lis, comme un petit fait divers, qu’en 2016, il y a eu 745 accidents (dont 8 mortels) avec des vélos électriques contre 518 en 2015. Plus 40 %. Affolant ! Aucun commentaire ! A quand une étude du coût de ces accidents par le chercheur Sven Maerivoet de l’institut flamand Vito pour Transport et Mobility ?

Le 19 juillet, un article fait l’éloge, sur deux pages, des "cyclo-strades", appelées "fietsostrade" en néerlandais, décrites comme routes express en site propre, aménagées spécialement pour cyclistes, permettant de rouler vite et en toute sécurité, pas questions de rencontrer des carrefours à tout bout de champ… Un rêve donc.

J’habite à Mortsel. La ville, située près d’Anvers, est traversée depuis plusieurs années par une fietsostrade qui relie, depuis peu, Antwerpen à Mechelen. Elle traverse la ville de Mortsel de part en part et croise 6 routes ! C’est une bonne route ayant une largeur suffisante pour le croisement de 2 cyclistes, utilisée aux heures de pointe par des milliers de cyclistes de 6 à 88 ans, en vélos classiques, petits, de course, avec un bac à l’avant ou une remorque à l’arrière, et autres finesses…

Au début de l’ouverture ce fut un grand chaos, personne ne sachant qui avait la priorité à cause de la mauvaise signalisation routière. En fait, les cyclistes prenaient la priorité et les automobilistes patientaient de peur d’occasionner un accident. Le bourgmestre commanda un audit (j’ai envoyé un rapport au collège échevinal avec mes propositions et participé à cet audit public).

Depuis le début de cette année, la situation s’est fortement améliorée, mais il n’y a pas d’uniformité de la signalisation routière. Trois traversées sont prioritaires pour les cyclistes, deux pour les autos, la sixième est un cas spécial, la route passant au-dessus d’un pont très étroit, avec de chaque côté une piste pour un cycliste, utilisée aussi par les piétons. La priorité est de droite ici. Très dangereux ! Ce n’est donc pas du tout la cyclo-strade décrite par Aurélie Willems, interrogée dans "La Libre" du 19 juillet !

Ce qui me frappe dans tous ces articles, c’est le manque de tout intérêt pour la sécurité : ouvrir une fietsostrade sans sécurité adéquate, manque de signalisations routières simples, uniformes et faciles à expliquer (surtout aux tout jeunes)… Le lancement des vélos électriques à grande vitesse en est l’illustration : la personne du Gracq (association de cyclistes) que je viens de citer, n’en parle même pas, alors que beaucoup de parents et cyclistes s’en inquiètent.

Ces vélos ne sont pas les bienvenus sur les pistes cyclables : permettre à quelques coureurs de rouler à 45 km/h sur ces routes pour arriver quelques minutes plus tôt au travail ou à la maison n’a pas de sens. Ce n’est pas une mobilité douce ! Il faut immédiatement interdire ces high speed pedelecs sur nos pistes cyclables. Vito et le Gracq devraient être les premiers à en tenir compte et étudier les causes de l’augmentation vertigineuse du nombre d’accidents. Le but premier doit être d’en obtenir rapidement une diminution drastique.

N’oublions pas que la sécurité prime ! C’est la toute première priorité.