Opinions

On en faisait grand cas voici quelques mois. Quand tous les espoirs semblaient encore permis. Il fallait d'urgence revaloriser l'école. Trois consultations étaient alors lancées. Dans l'enseignement fondamental. Dans le secondaire. Et dans le spécial. Pour connaître le vécu des enseignants, leurs attentes. Avec promesse d'y répondre.

Le troisième volet n'est pas attendu avant l'automne. On a le temps. Le premier, celui qui concerne les profs de maternelle et de primaire, a été bouclé début février. On se souvient que ses résultats, présentés en grande pompe, avaient été suivis de diverses propositions, tant de la part du ministre de tutelle (Nollet) que de la commission de pilotage, des syndicats et des parents. Seulement des propositions? Oui. Mais on risque de ne même pas atteindre ce stade-là cette fois-ci.

C'est que l'ambiance est toute différente. Les élections approchent. Le gouvernement a déjà la tête ailleurs. Le dernier débat parlementaire est prévu ce mardi 11 mai. Avec, le même jour, une présentation du bilan de législature en Communauté française. Et le ministre de l'Enseignement secondaire, Pierre Hazette, lui, est déjà officiellement nommé à Dakar comme Délégué de la Communauté française.

Dans ce contexte, on a franchement l'impression que ce que pensent les profs n'intéresse plus personne. Les résultats du sondage n'ont pas fait l'objet d'une présentation officielle. Et personne ne rebondit spontanément dessus pour revendiquer quoi que ce soit. Révélateur!

Certes, les programmes des différents partis font large part à l'enseignement, en général. Mais on n'avait pas attendu l'avis des profs pour les rédiger. Du côté des syndicats aussi, les revendications étaient déjà exprimées. Même qu'ils sont contents - notent-ils - car les attentes exprimées sur le terrain confortent ce qu'ils réclament depuis longtemps. Donc, politiques et syndicaux se réjouissent d'être dans le bon.

Seulement les profs, eux, surtout ceux qui ont pris le temps d'exprimer ce qu'ils avaient sur le coeur, n'ont-ils pas raison d'estimer que leurs cris sont une fois encore négligés?

© La Libre Belgique 2004