Opinions

J'ai lu votre article sur les propos de Mgr Léonard avec beaucoup d'intérêt et vous sais gré de les avoir relatés avec suffisamment d'ironie pour qu'on perçoive ce qu'ils ont d'inacceptable. Concernant la position de l'Église au sujet des préservatifs, j'estime que l'on devrait depuis longtemps poursuivre l'Église catholique romaine pour non-assistance à population en danger. Quand on connaît la difficulté à inciter les populations plus fragiles dans les pays du sud, ou nos jeunes en recherche d'eux-mêmes, à prendre des précautions pour lutter contre cette maladie terrible qu'est le sida, il est scandaleux de mettre en doute l'efficacité des préservatifs.

Concernant les homosexuels, tout le monde, sauf Mgr Léonard peut-être, sait la difficulté que "l'homo" peut avoir à trouver sa place et son équilibre dans la société. Si les institutions officielles, comme l'Église, les traitent d'anormaux en fonction d'une théorie freudienne vieille de 100 ans, leur difficulté à s'accepter sera encore plus difficile. Si Mgr Léonard suivait une psychanalyse, ce dont il semble avoir grand besoin, peut-être se rendrait-il compte que l'homosexualité n'est pas une tare, mais un choix, certes inconscient, que l'enfant fait dès sa petite enfance, en fonction des difficultés d'identité qu'il a à affronter. Que Mgr Léonard réfléchisse aussi à la responsabilité de l'Église catholique dans les causes de l'Holocauste, et qu'il n'oublie pas que les homosexuels étaient envoyés aux fours crématoires pour les raisons qu'il invoque; qu'il n'oublie pas non plus qu'au nom d'une religion d'amour, l'Église brûlait les homosexuels sur la place publique; ce qui ne l'empêchait pas de faire décorer ses palais et ses églises par les artistes homosexuels.

Je ne renie pas l'éducation chrétienne que j'ai reçue, faite d'amour et de respect de l'autre, mais je hais ce que les hommes comme Mgr Léonard en ont fait.