Opinions

"Je n'ai jamais remis en cause l'utilité sociale de la lutte contre la racisme. Ce que je dénonce, c'est l'instrumentalisation idéologique qui en est faite." Le député MR Alain Destexhe répond aux attaques.

En dénonçant l’imposture de l’antiracisme officiel , je m’attendais à une riposte, mais pas à texte aussi affligeant que celui de Carlos Crespo, qui préfère l’attaque ad hominem à l’argumentation de fond. L’auteur, un militant antiraciste, travailleur de l’associatif, "oublie" de préciser qu’il est vice-président de la section PS de Schaerbeek et de la subventionnée Coordination nationale pour la paix et la démocratie dont j’ai cherché en vain le financement sur son site.

Maintenant que son identité est connue, revenons au fond. Un pays accueillant. Je persiste à dire que la Belgique est un pays très voire trop accueillant. De toute l’Europe occidentale, notre pays est celui qui a reçu le plus d’étrangers relativement à sa population. Notre Premier ministre est d’origine italienne, notre ministre de la Culture est d’origine marocaine ainsi que deux présentatrices des JT de nos deux principales chaînes de télévision. Dans quel autre pays européen cela existe-t-il ?

Je n’ai jamais "remis en cause l’utilité sociale de la lutte contre le racisme" . Ce que je dénonce, c’est l’instrumentalisation idéologique qui en est faite à grands renforts de subsides. Si le racisme n’a pas disparu de nos régions, il est faux d’en faire une menace comparable à celle qu’il incarnait durant les années 30. Au contraire, l’écrasante majorité de la population est tolérante et ouverte aux étrangers.

En revanche, cette même majorité est également fière de son histoire, confiante en ses institutions, intraitable sur ses valeurs. Or, c’est justement cet héritage, qui forge notre identité, que tente de saper l’antiracisme à coups d’accommodements raisonnables, de coups de sape contre la neutralité et, surtout, de dogmatisme idéologique financé par les deniers publics. Un dogmatisme qui empêche tout débat serein sur des questions fondamentales : l’immigration, la montée du communautarisme, la radicalisation d’une partie de la population, l’échec de l’intégration et les problèmes qui en découlent en termes d’insécurité, de chômage, de logement, de scolarité, etc.

L’antiracisme jette un voile pudique sur l’antisémitisme qui existe chez une partie de la population musulmane de Belgique, sur les insultes sexistes et homophobes, sur le racisme antiblanc, sur l’animosité larvée qui peut exister entre noirs et arabes, entre ressortissants de l’Europe de l’Est et arabes, "Populisme" , "thèses empruntées à l’extrême-droite" Je suis fatigué de ce type d’accusations à la fois stupides et stériles. Ceux qui connaissent mon parcours savent que je n’ai pas de leçons de morale à recevoir de la part de ce genre d’individu.

Mes références sont plutôt Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Jeannette Bougrab, Michèle Tribalat, Théodore Dalrymple, etc. Le chantage qui conduit à interdire de débattre de certains thèmes affaiblit la démocratie et renforce l’extrême droite qui monopolise alors des thèmes que les citoyens perçoivent comme importants. Il y a quelques années, une philosophe de gauche, Elisabeth Badinter, déplorait qu’en dehors de Marine Le Pen plus personne ne défende la laïcité.

Heureusement, une grande partie de la classe politique française a fini par s’en emparer ! Marine Le Pen est contre l’euro. Mélenchon aussi Il serait donc d’extrême droite ? CQFD par l’absurde.

Quant à l’antiracisme fondateur de SOS Racisme, ce fut bien une machine de guerre conçue à l’Elysée précisément pour diaboliser la Droite et l’amalgamer au FN que Mitterrand a ainsi délibérément renforcé. Je comprends que Carlos Crespo soit tenté par ce glorieux modèle !

Ce ne sont pas des sous-entendus nauséabonds ou un argumentaire au final assez pauvre qui m’empêcheront de continuer à me battre pour briser cette langue de bois qu’impose une Gauche sectaire. L’escroquerie intellectuelle de l’antiracisme n’a que trop duré.