Opinions

Depuis le début de l'examen du dossier relatif à l'extension des activités de DHL sur l'aéroport de Zaventem, on entend les hommes politiques du Nord et du Sud répéter le même slogan: ce dossier, martèlent-ils, n'est pas communautaire. Il s'agit d'un dossier économique dont les retombées concernent des problèmes d'environnement, de santé et d'aménagement du territoire.

Naïvement, on les a crus. Mais les propos d'Yves Leterme, le président du gouvernement flamand, dimanche à l'émission de la VRT «De zevende dag», devraient amener les hommes politiques francophones à revoir leur jugement et, une fois de plus, à se méfier de l'offensive masquée de nos amis flamands.

Qu'a dit cet homme, par ailleurs, souriant, courtois et excellent bilingue?

1. Il reconnaît que le personnel de l'aéroport de Zaventem est à 90 pc flamand.

2. Il admet que la Flandre perçoit des taxes importantes provenant des activités aéroportuaires de Zaventem.

Dès lors, la Flandre ne devrait-elle pas subir 90 pc des nuisances? Non, répond Leterme. Car Bruxelles, dit-il, ne subit pas assez de nuisances sonores et devrait être un peu plus souillée sur ce plan, notamment de jour. La Flandre, dit-il, ne peut accepter d'être davantage survolée... À MOINS QUE le gouvernement flamand ne puisse accroître sa part dans le capital de Biac, la société qui gère l'aéroport, à l'occasion de sa privation prochaine. Traduction: on veut bien plus d'avions, plus de bruit si on régionalise l'aéroport ! Peut-on être plus net que cela?

Depuis des années, les Flamands font mine de s'intéresser à Bruxelles, une ville dont ils ont fait leur capitale. Mais Bruxelles ne les intéresse que grâce au label européen, mondial, que «Brussels» représente aux quatre coins de la planète. La Flandre a besoin de Bruxelles pour se vendre à l'étranger. Mais, dans les faits, les hommes politiques flamands se moquent de Bruxelles, croyant toujours qu'elle est une ville hautaine où ne vivent que des bourgeois fransquillons, ignorant que les problèmes sociaux, économiques, urbanistiques, y sont plus aigus que partout ailleurs dans les pays.

Il aurait effectivement mieux valu que DHL ne devienne pas un dossier communautaire. Trop tard.

© La Libre Belgique 2004