Opinions

OPINION

AMBASSADEUR D'ISRAËL AUPRÈS DE L'UNION EUROPÉENNE

Le 9 août, un nouvel acte de terrorisme barbare et inhumain a été perpétré dans les rues de Jérusalem. Un terroriste palestinien, envoyé par l'organisation intégriste islamique du Hamas, a ôté brutalement la vie à 15 Israéliens innocents - parmi eux, six enfants - et a blessé plus d'une centaine de personnes. La charge était remplie de plusieurs kilos de clous et de billes en acier afin que cet attentat-suicide provoque un maximum de ravages.Il n'y a aucune justification morale à ces attaques contre des civils innocents. Nous sommes témoins d'un déchaînement de violence inspiré par une haine aveugle qui a uniquement pour objectif de tuer des Juifs et d'ébranler l'existence même de l'Etat d'Israël.

A plusieurs reprises, Israël a demandé à l'Autorité palestinienne de prendre ses responsabilités et d'arrêter le terrorisme et l'incitation. Une information détaillée, incluant l'identité d'importants terroristes palestiniens, a été fournie aux forces de sécurité palestiniennes. Une information accompagnée de requêtes spécifiques à empêcher des attaques terroristes. L'Autorité palestinienne n'a rien fait pour arrêter la terreur. Dans certains cas, il s'est même avéré que les terroristes ont été prévenus par les Autorités palestiniennes, ce qui leur a permis d'échapper aux forces de sécurité israéliennes. De plus, des membres de l'Autorité palestinienne ont activement participé à certaines attaques.

Il est très difficile d'expliquer à l'opinion publique belge, qui n'a plus connu la guerre depuis bientôt trois générations, la situation complexe et tragique qui se développe au Moyen-Orient. Aujourd'hui, Israël est menacé par une folle campagne de terreur et le véritable enjeu est son droit à l'autodéfense.

Le 9 septembre 1993, dans une lettre adressée à feu le Premier ministre Yitzhak Rabin, le président Yasser Arafat s'était engagé à renoncer au «recours au terrorisme et autres actes de violence». Arafat avait déclaré solennellement qu'il «allait assumer la responsabilité sur tous les éléments et le personnel de l'OLP, de manière à empêcher la violence et les infractions à la discipline».

L'Autorité palestinienne renonça brutalement à cette obligation solennelle en septembre 2000 lorsqu'elle opta pour la violence et la terreur, abandonnant la diplomatie et le compromis.

Confronté au recours «au terrorisme stratégique», Israël a décidé d'envoyer un signal politique clair à l'Autorité palestinienne en réaffirmant sa souveraineté à Jérusalem. Contrairement aux accusations d'Arafat, Israël n'a aucune objection à la présence d'institutions palestiniennes légitimes qui servent les besoins de la population palestinienne de Jérusalem. En effet, une lettre confirmant cette position fut adressée par le ministre des Affaires étrangères, M. Shimon Peres, au ministre des Affaires étrangères norvégien Holst en 1993.

La lettre se référait clairement et uniquement aux institutions économiques, sociales, éducatives et culturelles de la population locale mais excluait catégoriquement toute activité politique ou autre de la part de l'Autorité palestinienne. Ni la lettre ni aucune autre déclaration israélienne supportant les institutions palestiniennes locales ne peuvent servir à justifier les violations d'engagements conclus explicitement.

La Communauté internationale doit lever haut et clair sa voix contre le fléau du terrorisme. Il faut cesser de qualifier les terroristes de «résistants, activistes ou militants». Leurs actes ne peuvent être justifiés, compris, et il n'y a pas lieu de leur consacrer une analyse psychologique. Aucune «frustration», quel qu'en soit le degré, ne peut justifier le recours au terrorisme.

Non seulement, les terroristes palestiniens tuent sans discrimination, mais à long terme, ils mettent en péril les intérêts essentiels des Palestiniens.

L'alternative violente aux négociations politiques ouvre à coup sûr la voie à un perpétuel carnage et ferme la porte à la paix. Il est plus que temps que la présidence de l'Union européenne se démarque de ses déclarations stériles, «équidistantes et équilibrées», pour exprimer sa solidarité avec une démocratie amie confrontée au terrorisme.

La cause de la paix au Moyen-Orient sera mieux servie lorsque la présidence de l'Union européenne montrera une véritable compassion pour les victimes du terrorisme et commencera par tenir l'Autorité palestinienne pour responsable des actes commis par certains des leurs.

Il est plus que temps que la direction palestinienne se décide enfin à museler ses nombreuses organisations impliquées dans cette macabre compétition à tuer des Israéliens. Nous sommes convaincus qu'Arafat peut faire beaucoup plus dans ce domaine. Dans le cas contraire, il perdra toute crédibilité.

En ces moments difficiles, le test d'un véritable leadership réside dans la capacité de surmonter ces moments de crise pour se tourner vers le futur. Un effort énorme et des concessions douloureuses seront nécessaires pour parvenir à une solution politique à ce conflit. Le terrorisme ne doit pas être excusé mais résolument rejeté. La terreur et la violence ne rapprocheront pas les Palestiniens de leurs aspirations nationales, qui ne seront réalisées qu'au travers de négociations, menées de bonne foi et avec un sens de la responsabilité historique. Il est donc impératif que l'Autorité palestinienne abandonne définitivement la violence comme instrument de lutte politique.

© La Libre Belgique 2001