Opinions

Depuis quelque temps, des campagnes de pub audiovisuelles nous bombardent de messages d’information et de prévention à l’encontre des violences intrafamiliales, qu’elles soient physiques, psychiques, économiques ou sexuelles. De même une journée internationale nous rappelle que ces violences transcendent toutes les catégories d’âges, de sexe, de couleurs de peaux, de niveaux socio-culturels, et laissent trop souvent des séquelles indélébiles.

Informer, prévenir, permettre aux victimes de s’exprimer (numéro 0800, psychologues....) est intéressant et permet de briser la loi du silence... mais ce n’est guère suffisant.

La violence dans le couple ou au sein de la famille est pourtant punissable par la loi.

Or, dans les faits, on constate que beaucoup d’agresseurs s’en sortent sans peine. Ce qui représente une humiliation supplémentaire pour la victime et la convainc plus encore de son impuissance. Elle ne se sent ni protégée, ni en sécurité, ni même reconnue ; mais au contraire niée. Le bourreau, quant à lui, se voit conforté en son sentiment de toute-puissance, puisque c’est comme si la justice se rendait complice et justifiait ses actes, confirmant l’adage "qui aime bien châtie bien".

Sur le nombre de plaintes déposées, combien de dossiers classés sans suite ? Motus et bouche cousue ? De "la langue bien pendue", on passe à "avoir un bœuf sur la langue"!

Généralement, il faut un fait divers, une catastrophe, une mort... pour que l’opinion publique se sente enfin obligée de réagir autrement que par quelques petites campagnes d’information offrant de la poudre à nos yeux qui refusent de voir.

Car quel est le nombre exact de victimes dont les plaintes répétées sont reléguées aux oubliettes, pour vice de procédure ou autres ?

Combien de victimes savent-elles que s’il n’est point de constat médical augmenté d’une incapacité de travail, la déposition ne sera même pas prise en considération ?

Et, de fait, quelle est la proportion des agresseurs - auteurs d’actes de violences physiques entraînant des séquelles parfois irrémédiables - qui sont réellement sanctionnés par les autorités compétentes ?

Il est très souvent fait mention du nombre de femmes victimes de violences physiques (68% en Belgique). Mais quel est le chiffre exact des hommes condamnés pour ces maltraitances ?

Comment se fait-il qu’il n’apparaisse jamais lors d’enquêtes, de statistiques ou état des lieux de cette problématique sociétale ?

Il serait pourtant judicieux et rassurant d’en connaître la valeur numérique, ne fut-ce que pour pouvoir évaluer correctement la prise en charge des duos "agressés - agresseurs".

Pareillement, que penser de tous ces dossiers classés sans suite , et de la charge de travail, du coût et de la frustration qu’ils entraînent chez les personnes (médecins, policiers, psychologues...) qui s’investissent pour que "justice soit rendue".

Oui, décidément, de qui se moque-t-on ?

A quand une politique globale qui responsabilise les agresseurs et conscientise tout un chacun à vivre dans une société basée sur le respect de soi, de l’autre, des lois et des relations ; pour le mieux-être de tous ?