Opinions Une opinion de Barbara Eeckhout, citoyenne.


A ceux qui veulent un service public à leur image : sachez qu’il appartient à tous et que tout le monde ne veut pas de débats sophistiqués qui coupent les cheveux en quatre !

Benjamin Maréchal. L’animateur est las et fait un pas de côté.

Posons-nous une question fondamentale : la liberté d’expression est-elle en danger ?

Certains se cacheront derrière l’utilité d’un service public audiovisuel de qualité et éducatif, mais cela n’est-il pas aussi le cache-sexe d’un mépris de caste ?

Une tactique habituelle

D’autres vous diront carrément que Maréchal est "facho" et qu’il "pousse à la haine". La tactique est devenue habituelle pour disqualifier celui qui ne correspond pas au bon profil.

Son émission n’élève pas le niveau, diront les puristes. Mais est-ce le but ? Non. "C’est vous qui le dites", c’est le bistrot du coin où tout est dit sans (trop de) filets.

Ils vous diront aussi que l’action "Cube" de VivaCité est un scandale, mais n’hésiteront pas eux-mêmes à faire des appels de fonds hors contrôle pour leurs causes. Quelle chance que Sarah de Paduwa, l’animatrice vedette du "Cube", soit plébiscitée par les auditeurs, non ?

Pourtant, le travail de déstabilisation de l’animatrice a été mené sur les réseaux sociaux, elle non plus n’a pas échappé à leurs vindictes. Les bonnes causes oui, mais selon les formes voulues par certains, uniquement !

Ceux-là veulent un service public à leur image…

Ils affirment être la voix du peuple

Pourtant, selon un sondage, 48 % des Belges sont attristés du départ de Benjamin Maréchal. Moins d’un quart en est satisfait. Parmi eux, ceux qui affirment être la voix du "peuple". Faut-il leur rappeler que le service public appartient à tous ? Que le paysage audiovisuel doit correspondre à l’ensemble des citoyens, même si de cet ensemble, ils ont un profond mépris ?

Non, tout le monde ne veut pas de débats sophistiqués qui coupent les cheveux en quatre. Non, tout le monde ne veut pas de "Question pour un champion" comme divertissement, et justement le service audiovisuel doit aussi contenter ce public-là. Et non, le peuple des auditeurs n’est pas stupide au point de se "laisser influencer" par un Benjamin Maréchal ou un autre. Prétendre ça, c’est affirmer que le libre arbitre n’habite que l’intelligentsia, qu’elle seule est apte à décider de ce qui est bon pour le peuple. Et dire qu’elle le fait en se réclamant de lui !

Totalitarisme de gauche

Le PS a foncé comme un seul homme dans la brèche. Ministres en tête. Est-il prêt à livrer le peuple de gauche à des extrémistes, experts autoproclamés de la bonne parole, espérant un retour à l’avant-scène ? Ses membres en arriveront-ils un jour à devoir justifier qu’ils auront été les coresponsables d’un totalitarisme de gauche, ceux qui n’auront rien dit, rien fait quand il était encore temps, et qui se seront au contraire rendus complices d’une nouvelle oppression ?

Journalistes et animateurs, demain, si votre profil ne leur convient pas, si vos idées les dérangent, cela fera de vous les hommes à abattre. Ne dénoncez pas, terrez-vous, et continuez à subir, voire à applaudir leurs haines, et demain c’est vous qu’ils croqueront.

Benjamin Maréchal n’est pas seulement un animateur clivant. Il est la preuve vivante de la lâcheté intellectuelle dans notre pays. Notre élite joue Ponce Pilate en espérant secrètement ne pas être le prochain crucifié. C’est ce qu’on appelle un vœu pieux.