Opinions

Une opinion d'Etienne Dujardin, juriste et chroniqueur.

En appelant les gens à dénoncer les violences policières, le MRAX est sorti de sa mission et, pire, s'est trompé de combat!

Ce week-end, 22 policiers ont été blessés lors d’émeutes à Bruxelles. Des personnes s’en sont également prises à des pompiers venus éteindre les feux de voitures et de poubelles. Des magasins de toutes sortes ont été vandalisés, de nombreux dégâts ont été causés. Un quartier a été traumatisé par ces incidents. Grâce à l’intervention de l’ensemble des services, la situation a pu revenir au calme. Différentes personnalités politiques accusent le bourgmestre Philippe Close d’avoir agi trop tard. Des policiers dénoncent le fait qu’on ne leur ait pas laissé suffisamment de moyens pour intervenir, ce qui expliquerait le nombre si important de blessés. L’enquête déterminera si les autorités ont failli, mais il ne faut pas se tromper de cibles. Les premiers responsables de ces troubles violents ne sont ni les autorités ni les policiers évidemment, mais avant tout les 300 personnes qui ont tout saccagé sur leur passage et causé des dommages financiers extrêmement importants à de nombreux commerçants et à la Ville de Bruxelles.

"Qui a filmé les provocations de la police?"

Dans les circonstances de ce week-end, il serait juste normal de remercier tous les services de sécurité, de pompiers et d’ambulanciers qui se donnent sans compter pour la population afin qu'elle puisse vivre en sécurité et dans le bien-être. Ce sont ceux et celles qui forment le rempart de la démocratie, qui représentent la sécurité face au chaos, qui se blessent dans leurs chairs pour défendre nos valeurs. Cela semble évident pour tous sauf pour le MRAX. Au lieu de remercier nos services de sécurité, cette association, subsidiée par les pouvoirs publics, a jugé bon de déclarer sur Facebook : « Suite aux troubles à l’ordre public de la police hier soir à la Bourse (la police compte 22 blessés, mais c’est elle, et non les casseurs, qui trouble l’ordre public selon le MRAX), il est important que toutes les personnes présentes qui ont filmé les provocations de la police (sic) partagent leurs vidéos auprès d’associations luttant contre l’oppression policière. Vous pouvez contacter le MRAX… ».

Le MRAX a retiré rapidement ce message, car jugé pas « suffisamment clair », tout en poursuivant : « on aurait dû attendre un peu ». Cette forme d’excuse n’est pas satisfaisante, vu la gravite du message. Il n’était non seulement pas « suffisamment clair », mais surtout totalement inapproprié. En effet, la mission du MRAX n’est jamais de « lutter contre l’oppression policière ». Le MRAX même dans son message rectificatif se trompe de mission. Cette dernière est de lutter contre le racisme, pas de se revendiquer comme un organisme qui lutte contre la police. Sa mission n’est pas d’investiguer contre des policiers ni aujourd’hui ni demain... Il existe d'autres organismes, dont le Comité P, qui peuvent très bien enquêter à ce sujet si nécessaire. Le MRAX dit défendre « les minorités » mais ne pense même pas à tous les commerçants parfois issus de ces mêmes minorités dont les commerces ont été dévastés.

Un problème de fonds

Ce dernier incident n’est pas isolé et démontre un problème de fond dans la gestion du MRAX. On pense aux propos tenus en octobre 2015, dans le cadre d’une manifestation de soutien à Monsieur Ali Aarrass, le directeur du MRAX, Monsieur Vincent Cornil, osait déclarer ceci : « C’est vraiment une situation de contact direct avec le racisme d’État dont on parle comme un concept ou alors on le voit à travers les violences policières. » Il poursuit : « Cela excède et cela pousse à réfléchir à d’autres actions puisque les seules actions légales (envoi de courrier et jouer le jeu démocratique de l’État de droit…) sont tout à fait inutiles, qu’est-ce qu’il reste ? Voilà, il faut y réfléchir, il faut y penser et après il ne faudra pas venir se poser des questions sur pourquoi des actions plus radicales doivent être menées (….) ». Nous voilà donc avec le directeur financé par de l’argent public qui propose de mener des actions plus radicales que celles possibles dans le cadre de l’État de droit (sic). Il nous parle à nouveau de « violence policière » « de racisme d’Etat », à croire que la police de ce pays pose vraiment problème au MRAX.

La situation ne peut plus durer. Il faut remettre de l’ordre de manière impérative dans cette ASBL. Le MRAX doit se recentrer sur sa mission première, il n’a pas à enquêter sur la police et se prétendre un organisme de défense contre « l’oppression policière ». Il n’a pas à s’associer avec des organismes qui défendent un islam politique comme le CCIB. Il est temps que tous les partis politiques se saisissent de la question. Le citoyen ne peut plus tolérer qu’on subsidie avec ses impôts une association qui affaiblit à ce point la haute mission qui lui est confiée à savoir la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.