Opinions
Une opinion d'Olivier Van Volden, demandeur d'emploi, spécialisé dans les fonctions d'organisation d'entreprise, docteur en sciences. 


Le métier est l’outil de mise en adéquation entre offre et demande d’emploi. Voilà la priorité. Le reste ne sert à rien.


Les entreprises et les chômeurs sont victimes des incohérences de la régulation publique du marché de l’emploi.

Fruit de la séparation des compétences, le marché de l’emploi est composé d’une organisation fédérale, l’Onem, de trois organisations régionales (Forem, VDAB et Actiris), des entreprises, des entreprises de placement et des demandeurs d’emploi.

Le marché est régulé par les acteurs publics. L’acteur fédéral est l’organisme de contrôle, de sanction et de paiement des allocations de chômage. Les acteurs aux compétences régionales mettent en adéquation l’employeur et l’employé.

Les entreprises de placements et les organismes publics régionaux sont les plus compétents pour analyser le marché. Cependant, ni les uns ni les autres ne sont entendus pour autre chose que la dénonciation des chômeurs.

Un outil inadéquat…

Le problème de fond réside dans la mise en adéquation. Les trois entités régionales ont choisi ensemble un outil de description du chômeur, importé de Pôle Emploi France.

Seulement, en France, la notion de métier est une composante essentielle du marché du travail et de la relation contractuelle. En Belgique, à moins d’être dans un métier spécifique comme coiffeur, ce n’est pas le cas. La notion de métier s’efface devant la compétence.

Ainsi, de nombreux cadres disposent de la fonction "gestionnaire de projet", métier inexistant en France.

Chaque région a ensuite adapté le programme à sa mode régionale. Cette adaptation conduit à des interprétations différentes des métiers et des compétences, dans les trois régions.

Il n’est pas rare non plus de découvrir des compétences exclusivement françaises sans traduction belge, relatives, par exemple, aux pouvoirs publics.

En France, le métier se développe en compétences requises qui sont plus au moins maîtrisées en fonction de l’expérience professionnelle. C’est à l’évidence cette dimension que les importateurs de la solution française recherchaient : celle de révéler les compétences des chercheurs d’emploi. Mais ces compétences restent intimement liées à un métier.

Pour les entreprises

Lorsque des entreprises recherchent un collaborateur en Belgique, elles recherchent préférentiellement une compétence particulière, assimilée à une fonction. Cette compétence n’est pas directement liée à un métier spécifique. Mieux encore, la compétence suggère souvent un métier différent de ce que l’employeur recherche lui-même, selon les définitions des programmes de mise en adéquation.

Et pour le demandeur d’emploi

Le problème pour le demandeur d’emploi est le même. Les compétences ne peuvent pas être transcrites en métiers. Il lui est donc difficile de mettre en avant son profil et de rechercher l’employeur adéquat. C’est le métier qui est l’outil de mise en adéquation. Une donnée que ne maîtrisent ni le demandeur d’emploi ni l’employeur potentiel.

Un système complexe et inefficace

Le marché est totalement contrôlé par les pouvoirs publics qui se positionnent comme des passages obligés. Ces pouvoirs n’ont qu’une connaissance très parcellaire de la réalité du marché et, par leurs solutions (plateforme, contrôle, aide), ils emprisonnent les entreprises et les demandeurs d’emploi dans une complexité administrative coûteuse et peu efficace.

Dans ce contexte, les mesures coercitives prises par les pouvoirs publics sont strictement contraires à l’intérêt socio-économique et à l’emploi en général.