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La discrimination positive à l'«américaine» est inexistante en Belgique. Cela étant, il existe quand même des dispositions légales qui pourraient s'inscrire dans ce registre. Ainsi, le législateur belge a pris des mesures en vue de mieux équilibrer les rapports de genre dans la représentation politique. Les listes électorales doivent contenir autant d'hommes que de femmes (parité), en plus de l'obligation de l'alternance sexuelle pour le haut de la liste. On notera aussi que la loi prévoit l'équilibre du rôle linguistique dans certaines administrations et dans la justice bruxelloise.

L'on rencontre également ce qu'on pourrait appeler une forme de discrimination positive implicite. Les contrats de sécurité ou encore le Fonds d'impulsion pour les immigrés (Fipi) touchent des populations plus que d'autres, même si ce sont les paramètres socio-économiques d'un quartier qui prévalent. Mis en place en 1991, les contrats de sécurité offrent des moyens particuliers aux villes et communes difficiles pour renforcer leurs effectifs de police et les organes de prévention de la criminalité au niveau local. A l'instar des zones d'action prioritaire (Fipi), de certains subsides alloués par la politique des grandes villes, les contrats de sécurité sont donc liés à des territoires, pas à des populations en particulier. Maintenant, il est vrai que ces «territoires» peuvent aussi concentrer plus qu'ailleurs une population d'origine ethnique différente.Les écoles à discrimination positive visent pour leur part à assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale. Elles bénéficient de subsides complémentaires et les professeurs qui y enseignent sont prioritaires en termes de mobilité. Comme les contrats de sécurité, ces écoles ne se basent pas plus sur des critères ethniques ou communautaires, mais bien sûr des critères socio-économiques. La présence d'une population d'origine étrangère ne constitue qu'une variable parmi d'autres. «Le concept d'une discrimination positive basée sur des quotas selon l'origine ou la religion serait difficile à appliquer en Belgique, en raison de l'absence d'outil méthodologique», note Michel Vanderkam, du Centre d'égalité des chances. «Les statistiques dont nous disposons ne concernent que les étrangers.» Par ailleurs, les tentatives d'essais - comme de favoriser l'insertion professionnelle des personnes étrangères dans le cadre du plan Rosetta - ont suscité de véritables levées de boucliers.D R.C.

© La Libre Belgique 2003