Opinions Une contribution de Valérie Caillaba, mère de famille.

Je n'ai malheureusement pas de bonnes nouvelles. Certaines unités se permettent d'emmener nos enfants au milieu de nulle part : un champ, un bois, un ruisseau. Ils n'ont pas accès aux commodités ni aux facilités. Nos enfants sont obligés de construire leurs maisons à partir de quelques bouts de bois et de cordes, de se laver dans la rivière avec des savons sans produits chimiques pour ne pas polluer, de construire leur propre cuisinière et de cuisiner eux-mêmes, de dormir sur des lits en cordage qu'ils auront tressés, de marcher de longs kilomètres au milieu des campagnes et des bois, un sac sur le dos ou de porter ceux de leurs amis pour qui c'est trop, de supporter le soir de ne s'éclairer et de se réchauffer qu'au coin d'un feu de camps avec comme seule animation une guitare et des chants. Voilà ce que doivent supporter nos enfants. Quand ils rentrent, je ne les reconnais plus... ils pleurent.

Car rentrer est douloureux, parce qu'ils viennent de passer les 15 plus beaux jours de l'année, parce que leurs amis ne sont pas là, parce que c'était bien plus cool là-bas et qu'ici il fait trop chaud, et que la télé ça les saoule, et que le lit est trop dur. Je ne les reconnais plus parce qu'ils ont grandi, parce qu'ils ne sont plus exigeants, parce qu'ils ont appris l'entraide, le courage, la débrouillardise et qu'en fin de compte, pas besoin de technologie pour passer du bon temps. Je ne les reconnais plus parce qu'à table ils s'expriment, racontent, s'émerveillement...

Dans 20 ans, ils en parleront à leurs enfants et les enverront au camp, se souviendront et attendront avec impatience leur retour pour s'émerveiller à nouveau.

Alors aujourd'hui, mauvaise nouvelle, même si je déplore l'attitude de certains, je ne critiquerai pas les mouvements de jeunesse, je dirai juste merci à ceux qui font de ces institutions des moments de vie merveilleux...