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OSCAR WILDE, écrivain irlandais:

`La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit.´

Iran: la fin du statu quo?

`LA TRANSITION DE LA SOCIÉTÉ SOVIÉTIQUE VERS L'ÉCLATEMENT DE L'EMPIRE

s'est produite non par le bas, mais au sein même du Parti communiste, par la tension entre les partisans des réformes, représentés par Gorbatchev, et les apparatchiks purs et durs. En Iran, la situation est radicalement différente. C'est un mouvement par le bas, au sein de la société en majorité jeune, qui est à l'origine de la remise en cause de l'islam politique. La crise au sein de l'Etat ne fait que refléter ce mouvement d'en bas, marqué par le dynamisme d'une société qui n'entend pas se soumettre aux groupes qui ont accaparé le pouvoir au nom d'une légitimité révolutionnaire de plus en plus rejetée par les jeunes.

Cette nouvelle jeunesse, de loin mieux éduquée que les anciennes générations, moins idéologique que celle qui a fait la révolution, beaucoup plus réservée sur les utopies communistes ou islamistes, a été réprimée en 1999 lorsqu'elle a voulu défendre la liberté de parole à l'université. Depuis, le mouvement des réformateurs en Iran est bloqué par les conservateurs, et nouvelles formes d'attitude politique se font jour chez les uns et les autres, qui risquent, à moyen terme, de remettre en cause le statu quo actuel, fondé sur une liberté sous surveillance, et une économie largement inefficace, marquée par la corruption et le clientélisme des détenteurs du pouvoir.´

Farhad Khosrokhavar, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, `La jeunesse entre République islamique et ouverture au monde´, dans `La Revue Nouvelle´, novembre 2002, p.34. Rens.: Bd Général Jacques, 126, à 1050 Bruxelles. Tél.: 02.640.31.07.

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