Opinions

WARREN BUFFET,

financier: «Un sondage n'est pas un substitut à la réflexion.»

PATRICK RAMBAUD,

écrivain: «On demande à tout le monde d'avoir un avis sur tout. Les vrais rebelles, je les débusque à la rubrique «sans opinion» des sondages.»

Pour vendre un journal

C'EST UN SECRET DE POLICHINELLE. Les sondages sont beaucoup plus qu'un instrument d'investigation pour connaître l'opinion. Ils sont devenus un instrument de communication pour les titres (...). L'histoire d'un sondage dans les journaux est la suivante: un journal publie un sondage, et donc là, il y a intérêt à ce qu'on ne soit pas dans les fourchettes pour que ça traduise quelque chose. Si on est dans les incertitudes, le sondage n'a pas d'intérêt. Il faut qu'il tranche une question et pas seulement politique. En fait les sondages qui marchent le mieux aujourd'hui, c'est «60 pc des femmes pensent que...» ou «30 pc des hommes...» Une fois que le sondage est publié dans un journal, c'est à peu près la certitude que le journal va être cité par tous les autres journaux, qu'il parle des élections, du jardinage ou de la cuisine. Et donc c'est la boule de neige. (...) Je rappelle quand même que les journaux ne sont pas seulement des oeuvres intellectuelles mais aussi des entreprises avec des budgets et des comptes, et que maintenant le sondage est devenu d'usage courant comme instrument de communication.»

De François ERNENWEIN, rédacteur en chef du journal «La Croix», in «Lettre d'information de Pénombre», mars 2003, p.39, Webhttp://www2.unil.ch/penombre/

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