Opinions

Paroles de femmes

VIRGINIA WOOLF, écrivaine: «Je ne serai pas célèbre ou grande. Je continuerai à être aventureuse, à changer, à suivre mon esprit et mes yeux, refusant d'être étiquetée et stéréotypée. L'affaire est de se libérer de soi-même: trouver ses vraies dimensions, ne pas se laisser gêner.»

SYLVIANE AGACINSKI, philosophe:

«La maternité doit être réinterprétée comme une puissance et revendiquée comme une force. Elle est un modèle de création sans être incompatible avec toutes les autres formes de créativité ou d'expression dans lesquelles les femmes voudront manifester leur liberté.»

BENOÎTE GROULT, écrivaine:

«Quand on dit écrivaine, comme on dit souveraine ou châtelaine, on passe pour une terroriste verbale. Quand on dit doyenne, on ne peut parler que d'une centenaire, car à l'université, bastion mâle, le masculin est de rigueur. Dans les métiers bas de gamme, pas de problème: on est opératrice, standardiste ou enquêtrice, on est institutrice mais pas rectrice. Car dans les professions de prestige ou d'argent, le genre féminin n'a pas droit de cité (...)»

MONIQUE HÉBRARD, journaliste:

«Mettre la femme sur un piédestal ou la fouler aux pieds procède d'un même mouvement: l'éloigner pour éviter d'en faire une partenaire.»

FLORA TRISTAN, femme de lettres et socialiste engagée: «Je réclame des droits pour la femme, parce que je suis convaincue que tous les malheurs du monde proviennent de cet oubli et mépris qu'on a fait jusqu'ici des droits naturels et imprescriptibles de l'être femme. Je réclame des droits pour la femme, parce que c'est l'unique moyen qu'on s'occupe de son éducation et que, de l'éducation de la femme, dépend celle de l'homme en général et particulièrement celle de l'homme du peuple.»

SIMONE DE BEAUVOIR, écrivaine:

«Ce n'est pas l'infériorité des femmes qui a déterminé leur insignifiance historique, c'est leur insignifiance historique qui les a vouées à l'infériorité.»

MARY WOLLSTONECRAFT, écrivaine:

«L'esprit, auquel on a appris depuis l'enfance que la beauté est le sceptre de la femme, se conforme au corps et, errant dans sa cage dorée, il ne cherche plus qu'à orner sa prison.»

SUZANNE VOILQUIN, écrivaine:

«Le principe de l'égalité des sexes, en féminisant la société, en dégagera l'inconnu.»

© La Libre Belgique 2005