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«Sudoku»: pour autistes apeurés?

CE JEU DIT DE CE QUE NOUS SOMMES: ENFANTS DE LA MONDIALISATION, NOMADES SOLITAIRES EN QUÊTE D'ORDRE. «Chaque société se dévoile par les jeux auxquels elle aime à jouer. (...) C'est aussi un jeu mondial par sa nature: il ne suppose la connaissance d'aucune langue, ni même de capacité de calcul, car on peut y jouer en remplaçant les chiffres par tout ensemble de signes distincts ou par des lettres. C'est aussi un jeu transformable, parfaitement adapté aux conditions du voyage et idéalement transposable aux «objets nomades», consoles de jeux ou téléphones portables. C'est encore un jeu solitaire, donnant à celui qui s'y adonne le plaisir rassurant de résoudre une énigme en quelques minutes, par des efforts gradués. C'est aussi un jeu pour population vieillissante, permettant d'entraîner le cerveau à des raisonnements logiques, de voir la solution autant que de la calculer. C'est enfin, et peut-être surtout, un révélateur de la principale angoisse de nos sociétés: le désordre, le manque, le vide; le sudoku fournit une occasion de mettre de l'ordre, de ranger chaque chose à sa place, d'échapper au chaos du réel.

Au total, ce jeu annonce bien ce que nous risquons de devenir: une collection d'égoïstes, autistes, conservateurs et apeurés, fuyant le monde dans un virtuel numérique».

De Jacques ATTALI, extrait de «Le phénomène sudoku» paru dans «L'Express» du 06/04/2006 Web www.express.fr

Chaud chocolat

PAROLES D'ENFANT: «Est-ce que la maman d'un oeuf de Pâques c'est une poule en chocolat?» (Extrait du site Internet Enfandises. com)

SANDRA BOYNTON,

dessinatrice de BD américaine: «La notion de chocolat contredit-elle le principe du libre-arbitre?»

MADAME DE SÉVIGNÉ,

femme de lettres: «Prenez du chocolat afin que les plus méchantes compagnies vous paraissent bonnes»

XAVIER BRÉBION:

«La vie est comme le chocolat, c'est l'amer qui fait apprécier le sucre.»

JOHN G. TULLIUS,

artiste :«Neuf personnes sur dix aiment le chocolat; la dixième ment.»

TRUMAN CAPOTE,

romancier et nouvelliste américain: «Venise, c'est comme manger une boîte entière de chocolats à la liqueur d'un seul coup.»

JUDITH VIORST,

romancière américaine: «La force c'est de pouvoir casser une barre de chocolat en quatre et de n'en manger qu'un carré.»

ROBERT ZEMECKIS,

cinéaste: «La vie c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.» (Dialogue du film «Forrest Gump»)

MATT LAUER,

«Des chercheurs ont découvert que le chocolat produisait sur le cerveau des réactions similaires à celles de la marijuana... Ils ont aussi trouvé d'autres similitudes mais ne s'en souviennent plus!» (Extrait d'une interview sur NBC - 22 août 1996)

© La Libre Belgique 2006