Opinions

Travail domestique : chacun sa part

Dans une famille de deux enfants dont les parents travaillent à temps plein , les femmes accomplissent en moyenne 65 pc du travail domestique, 80 pc si l'on retient uniquement le "noyau dur" (courses, cuisine et linge). Ces inégalités pèsent lourdement sur l'investissement professionnel des femmes : sur une année, une femme assume 680 heures de travail domestique de plus que son compagnon, soit dix-neuf semaines de travail de 35 heures... Malgré l'entrée massive des femmes sur le marché du travail à partir des années 1970, cette répartition a peu varié [...] Ce recul est en partie lié à la participation des hommes, mais il repose pour l'essentiel (60 pc) sur la transformation des modes de vie : c'est en faisant appel à une femme de ménage et en utilisant au mieux les progrès de la technique - sèche-linge, Kleenex et surgelés - que les femmes ont - un peu - réduit leur travail ménager. Pour les sociologues, la perpétuation de ces inégalités demeure mystérieuse : à une époque où 80 pc des femmes âgées de 25 à 49 ans travaillent, la parité domestique aurait pu s'installer peu à peu. Mais, malgré la révolution du féminisme, la marche vers l'égalité se heurte à la construction traditionnelle des identités homme-femme. "Le genre masculin est associé à un évitement des tâches ménagères, le genre féminin au contraire à une forte assignation" , constate le sociologue François de Singly dans "L'Injustice ménagère" (Armand Colin). Le mot d'ordre du partage égalitaire du travail domestique rencontre donc des résistances de la part des hommes qui ne veulent pas de ce travail trop marqué, trop "bas".

Anne Chemin, "Le Monde", samedi 18 août 2007, www.lemonde.fr

La fin des tribus

Il n'y a pas si longtemps, l'adolescent rebelle avait le choix. Il pouvait devenir altermondialiste, gothique, écolo, métal, rappeur, punk, etc.

Chacune de ces tribus lui offrait le service complet : un look sur mesure, des congénères rapidement identifiables et quelques références culturelles cohérentes, parfois même un positionnement politique. Tout était clair et rassurant : il suffisait de choisir sa famille.

Ce système a volé en éclats. On croise aujourd'hui des punks capitalistes, des branchés qui idéalisent les beaufs, des gauchistes qui votent Sarkozy, des skaters glamours, et beaucoup de fashion victims tendance développement durable. Que s'est-il passé ?

"On s'aperçoit depuis quelques années que les frontières se brouillent : les gens ne se comportent plus de manière homogène par rapport à leur milieu" , dit Gérald Le Meur, 47 ans, directeur de l'agence Zenithmedia à Genève.

En 2001, le publicitaire avait lancé une étude qui classait les 15-24 ans en neuf tribus distinctes (hip-hop, glam, néobabas, amateurs de sensations fortes, zen, postmodernes, roots, contestataires et "biz").
[...] "On trouve tout et son contraire."

Pierre Grosjean, sur largeur.com