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Pairi Daiza: ce projet ne devait pas réussir…

Son bureau, c’est une caverne. On ne sait pas très bien où poser les yeux : l’oiseau empaillé dans un coin dont il connaît par cœur l’histoire, le poids, la taille, l’évolution à travers les siècles; les dossiers qui contiennent les projets des prochains "mondes" qu’il est en train de créer; les fauteuils où il reçoit les artisans, les "dieux du parc", qui viennent lui présenter leur savoir-faire. Dès qu’Eric Domb, fondateur du parc Pairi Daiza, ouvre la bouche pour raconter son histoire, celle de son "œuvre", s’échappent des volutes de passion presque perceptibles au toucher. La persistance du désir est, dit-il, la principale qualité d’un entrepreneur. Chez lui, cette flamme, cette volonté de créer de la beauté, de l’harmonie n’est pas près de s’éteindre. Et quand il aura fini, peut-être, un jour, de créer ce jardin extraordinaire tel que le chantait Charles Trenet, il n’aura d’autre vœu, sincère, que de devenir jardinier dans son parc. Les deux millions de personnes qu’il accueille à Pairi Daiza confirment ce qu’il explique souvent aux jeunes qui se cherchent : ne laissez personne vous dicter ce que vous avez envie de faire. Faites-le. Eric Domb ignorait tout des difficultés de son projet qui, dit-il "ne devait pas réussir". Tout était foireux au départ. Mais il y avait une bonne idée, une passion et… une bonne dose de chance.


"Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des leçons"

Dans quelle famille êtes-vous né ?

Je suis un petit-fils d’immigrés. Mes grands-parents ont quitté l’Europe de l’Est, la Lituanie pour l’un, la Pologne pour l’autre. Cela explique beaucoup de choses dans ma vie. Je suis né dans une famille qui a toujours ressenti une reconnaissance vis-à-vis de ce pays, la Belgique, qui l’a accueillie au début des années 20. J’allais très souvent chez mes grands-parents qui me parlaient beaucoup de leur histoire, de la guerre. Je me sens slave.

Quel enfant étiez-vous ?

Nous étions trois frères. J’étais le deuxième. J’ai eu la chance de naître dans un milieu plutôt privilégié. Mes parents étaient formidables : papa a consacré sa vie à la médecine. On le voyait assez peu car il était complètement investi dans son art de guérir. Maman était licenciée en histoire de l’art. L’école était un lieu de grande souffrance. J’étais assez mal dans ma peau. Je n’avais pas les mêmes goûts que mes camarades. Je n’avais aucun plaisir à jouer au ballon, aux billes. J’aimais les histoires, les fleurs. J’adorais les animaux. J’ai vécu dans des livres que ma mère me faisait lire, des histoires qui se déroulaient en Russie, en Hongrie, dans les Balkans. J’ai dévoré la collection "Contes et légendes de tous les pays". Enfant plutôt triste, je me réfugiais dans ce monde.

Vous avez fait des études sans passion…

Mon père m’avait dit : tu n’es pas très doué de tes mains, tu coupes les cheveux en quatre : fais le droit. J’ai donc choisi le droit qui était à ma portée : ce sont des études assez faciles qui demandent un peu de logique, un peu de mémoire. Rien à voir avec des études de médecine, d’ingénieur ou de physique. J’ai d’abord été avocat. Expérience décevante pour mes clients et pour moi. Puis, je suis entré dans un cabinet d’audit. Je n’avais aucune des qualités nécessaires. Deuxième échec. J’ai fait mien ce proverbe chinois qui dit : "Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des leçons." J’ai créé une société de conseils en stratégie et finances pour des petits patrons. J’ai rencontré des gens admirables, courageux, enthousiastes. Ils avaient des vies bien plus passionnantes que la mienne : ils se réalisaient dans leur vie professionnelle. J’ai réfléchi. Ce questionnement m’a rendu disponible à autre chose.

Comment l’idée du parc est-elle née ?

Le beau-père de ma secrétaire, un ancien forain, qui avait participé à la construction de Walibi, m’a parlé d’un domaine entourant une ancienne abbaye cistercienne située entre Mons et Ath. Elle était à vendre depuis un certain temps Comme tout stupide Bruxellois, le Hainaut se résumait pour moi à une autoroute pour aller en France. Il m’a dit : pourquoi ne pas y créer un jardin ornithologique, comme à Walsrode, près de Hambourg, en Allemagne ? J’adore les oiseaux mais l’idée me paraissait saugrenue. Par respect pour ce monsieur et aussi par curiosité, j’ai visité cet endroit. Depuis, je sais que le coup de foudre existe. Je suis tombé fou amoureux de cet endroit. C’était à l’automne 92, tous les arbres avaient encore leurs feuilles. Tout était vermeil, bronze, or, cuivre. Ma culture des contes a rejailli : j’étais au pays de la "Belle au Bois dormant". Une espèce de mégalomanie idiote m’a pris et je me suis dit : tu vas réveiller la Belle, ce vieux domaine magnifique. Tout a été très vite. Mais au départ, cela ressemblait à la chronique d’un désastre. Lorsque je suis venu signer l’acte, le 23 décembre 1992, mon associé (le beau-père…) m’a annoncé qu’il se retirait. Je ne pouvais pourtant pas renoncer sinon l’autre acheteur allait emporter la mise : nous étions en compétition avec une secte ! J’ai signé alors que la prudence élémentaire aurait dû me conduire à renoncer.

Pourquoi vous être entêté ?

Je me suis autoproclamé bâtisseur de jardin extraordinaire, je suis allé taper mes anciens clients et j’ai bouclé le tour de table. Pour moi, ce projet était le carrefour idéal, utopique entre la nostalgie du paradis perdu et l’espérance, c’est-à-dire la naïveté de croire que l’on peut, quelque peu, restituer ce paradis. Imaginer un jardin, ce n’est pas copier la nature, c’est emprunter ses ingrédients pour exprimer sa plus haute idée du bonheur. L’idée des oiseaux me semblait excellente pour démarrer.

Comment s’est préparée l’ouverture ?

Je ne connaissais rien à rien : permis en tous genres, autorisations diverses… Je n’avais jamais rencontré un homme politique de ma vie, je devais trouver des relais pour expliquer mon projet. J’ai parlé de mon souhait de créer un parc mais aussi de cette idée : réunir les hommes de convictions différentes pour construire des passerelles entre eux, pour leur permettre de trouver un sens à leur existence. Un conseiller d’Albert Liénard (PSC), ministre wallon de l’Emploi, m’a dit : "Ecoutez, Domb, avec des idées aussi loufoques, votre dossier va perdre toute crédibilité… Oubliez cela tout de suite." On a donc commencé modestement avec des oiseaux. Mais la première ouverture a été une catastrophe. Il nous manquait 80 millions de francs pour terminer le parc. J’ai été touché par la bonhomie de la presse belge : les journalistes auraient pu me crucifier parce que, honnêtement, cela ne ressemblait à rien. Mais ils ont mis surtout l’accent sur la beauté du domaine. Si j’écris un jour un livre ce sera : "Eloge de l’ignorance". Car j’ignorais tout des difficultés que j’allais rencontrer dans ce projet qui n’aurait jamais dû réussir.

Et pourtant, cela a marché. Pourquoi ?

On a survécu principalement pour trois raisons. La première : l’idée de départ était très bonne. Les hommes auront toujours envie de regarder les oiseaux. Un jardin qui associe les plantes, les oiseaux, dans un contexte poétique, dans une atmosphère d’émerveillement… La deuxième raison : c’est peut-être une de mes seules qualités, je suis quelqu’un d’obstiné. Je pense que la qualité principale d’un entrepreneur, c’est la persistance du désir, la passion qui dure. Si vous avez cela, vous développerez de facto un certain nombre de qualités : une extrême honnêteté par rapport à vos carences personnelles et donc la possibilité de trouver des talents extérieurs pour combler vos handicaps personnels. Petit à petit, on apprend à devenir ce que l’on est réellement. Troisième élément : la chance. Sans elle, nous n’aurions pas réussi.

Quelle est la philosophie du parc ?

Pairi Daiza, c’est l’approfondissement de mon rêve de départ : recréer le miroir ondoyant de la vérité qui est tombé du ciel et s’est brisé en milliards de petits fragments. Et reconstruire l’harmonie, la beauté, l’amour entre les hommes. Et cela dans les trois dimensions : zoologique, florale et humaine.

Et la spiritualité ?

Oui, bien sûr. La spiritualité, ici, ce ne sont pas des éléments de décor. Le premier temple que j’ai créé est situé dans le jardin chinois, c’est un hommage à nos ancêtres. Mes parents étaient fascinés par la culture chinoise ancienne. Le jardin chinois a une influence colossale sur tous les jardins. Une des difficultés majeures a été de convaincre la plus ancienne société chinoise qui restaure les jardins traditionnels. Elle travaille notamment à la Cité interdite et collabore à l’étranger avec des Etats, des provinces, des villes. Mais travailler avec un petit patron d’un parc de loisirs en Belgique, c’était impensable. Alors, je suis devenu incollable sur l’histoire des jardins chinois. Pendant des mois, j’ai plaidé la cause de Paradisio pour les convaincre de créer un jardin du Lettré chez nous. Je crois que je leur ai parlé de choses qu’ils avaient peut-être oubliées. Je les ai convaincus. J’ai fait poser 1,3 million de galets à la main. Ce fut une aventure extraordinaire.

Puis dans le jardin balinais, j’ai construit un temple hindouiste : les racines de Pairi Daiza se trouvent sans doute à Bali, là où j’ai fait mon premier voyage après ma rétho quand j’avais 17 ans. J’y suis retourné et ai reçu des autorités religieuses l’autorisation de construire un véritable temple balinais.


"Je voudrais développer une bienveillance par rapport au monde agricole, aux fermiers"

C’est le jardin chinois qui vous a permis d’attirer des pandas ?

Oui. C’était en 2012, ma compagne m’a suggéré d’organiser "un truc sympa" pour les 20 ans de Pairi Daiza, en 2014 : faire venir des pandas. Quand la femme de votre vie vous lance un défi, vous n’avez qu’une envie : le relever. Pour préparer le dossier, j’ai engagé une jeune universitaire chinoise originaire de la province du Sichuan, la province où vivent les pandas. Puis, le dossier sous le bras, j’ai plaidé notre cause auprès des autorités chinoises ici et au Sichuan. Je pense qu’ils ont vu en moi, non pas un homme qui avait bâti à la hâte un espace pour accueillir des pandas - nous avions un magnifique écrin - mais un vrai ami de la culture chinoise.

Finalement, tout cela a été rapide…

En général, il faut 7 à 8 ans pour faire venir des pandas. Nous l’avons fait en un an et demi. Notre dossier était excellent. Mais là aussi, la chance s’est invitée dans ce dossier. Le premier nom que j’avais donné à ce jardin était "Rêve de Chine" parce que ce n’est pas la Chine de 2018 que je voulais mettre à l’honneur mais bien la culture chinoise, la poésie chinoise, sa littérature, sa peinture. Je voulais rendre hommage à cette civilisation qui avait atteint, par le passé, un raffinement difficile à imaginer à une époque où nos ancêtres se chauffaient le derrière dans des grottes. Or l’instruction du dossier s’est déroulée pendant la campagne électorale et le futur président Xi Jinping avait donné à sa campagne présidentielle ce même nom : "Rêve de Chine" ! L’élément n’a peut-être pas été déterminant. Mais les Chinois sont superstitieux et cela a pu avoir une influence. Lorsque le président Xi Jinping est venu voir les pandas, ce fut un moment très émouvant car c’est un grand amateur de jardins.

Vous pourriez vous arrêter, le parc attire chaque année près de 2 millions de visiteurs. Quand prendra fin cette folie des grandeurs ?

Ce jardin est toute ma vie, c’est un don de reconnaissance à mon pays qui a accueilli mes grands-parents. Il me reste quelques projets matériels dont j’espère voir le bout dans 4 ou 5 ans. Plusieurs parties fascinantes du monde ne sont pas encore présentes dans le parc.

Lesquelles ?

Nous commencerons bientôt la construction du monde dédié à la Colombie britannique, la façade pacifique du Canada et du Sud de l’Alaska : nous présenterons des ours, des loups, etc. Je voudrais aussi rendre hommage aussi aux "natives" du Nord Ouest de l’Amérique. On a souvent parlé des Indiens des plaines. Mais il y a aussi les Indiens des fleuves et de la mer qui vivaient à l’ouest des Rocheuses. Aucun des villages en bois dans lesquels ils vivaient n’a survécu. Nous allons reconstituer un de ces villages avec de véritables totems construits par des artisans locaux. Ensuite ce sera l’Amérique latine : il y a bien sûr la faune et la flore mais aussi toutes ces civilisations mortes. Chaque jour et demi, une langue meurt. Donc, une culture meurt. Les cultures sont autant menacées que les animaux. Ce monde permettra d’accueillir les animaux que j’adore : les papillons, les lamantins, certains primates. Puis il y aura les pôles. Les cercles arctique et antarctique constitueront un autre monde auquel je tiens beaucoup. Là aussi il y a des cultures en voie de disparition comme la culture inuite. Il y a des animaux merveilleux : les morses ont une intelligence extraordinaire. Encore faut-il les présenter dans de bonnes conditions, leur donner suffisamment d’espace et éviter qu’ils ne s’ennuient. Dans la nature, les animaux sont morts de peur et dans les parcs, ils meurent d’ennui. Notre mission est de rendre la vie de nos amis les animaux la plus agréable, la plus interactive possible. Voilà pour le cercle polaire. Dans le cercle austral, nous découvrirons le monde fantastique des manchots.

Et l’Europe dans tout cela ?

Le dernier monde que nous allons créer - et c’est bien la moindre des choses - ce sera la vieille Europe rurale : ce n’est pas un thème poussiéreux mais un thème ultra-contemporain. J’ai visité plus de 60 pays. J’ai du plaisir à voyager mais j’en ai autant à revenir en Europe et en Belgique en particulier. Ce qui a été réalisé sur le plan des arts, de l’architecture, des idées est extraordinaire. L’Asie a une place prépondérante dans mon cœur mais la diversité des cultures européennes est inégalée. C’est fascinant. Je veux rendre hommage à notre continent. Je vais recréer un village en ossature bois comme on en faisait un peu partout en Europe. Dans ce village, nous développerons un projet qui sera un véritable défi économique. Je veux nous forcer à renoncer au confort de l’agro-industrie. Jusqu’à présent, pour la nourriture sur le parc, nous travaillons avec un petit nombre de gros fournisseurs. La tentation est de poursuivre dans cette voie. L’enjeu du nouveau village que nous appellerons "Cambron-Abbaye" sera de remplacer nos fournisseurs alimentaires par de petits producteurs locaux. Il en faudra beaucoup. Ce ne sera peut-être pas rentable à court terme. Mais nous voulons montrer l’exemple. Pour redonner du sens et des lettres de noblesse à la paysannerie. Pour donner du temps au temps. Je voudrais essayer de développer une sorte de bienveillance par rapport au monde agricole, aux fermiers qui essayent de s’en sortir, de développer des exploitations à taille humaine. On a le public rêvé pour mettre en œuvre la transition écologique au plan alimentaire. J’ai deux millions de visiteurs captifs. Les gens aiment la vie, les animaux, la nature : j’ai envie de leur faire découvrir un autre processus de fabrication de notre alimentation.

Ce ne sera donc jamais terminé…

Nous construirons aussi bientôt des hôtels. Quand tout sera terminé, les 500 chambres pourront accueillir 2 000 à 2 500 personnes qui se réveilleront avec les animaux. Les premières ouvriront dès 2019.

Que vous a apporté votre association avec Marc Coucke ?

Ce parc, c’est ma vie, c’est aussi 25 ans de cauchemar. De passion. De liberté. Mon association avec Marc Coucke m’a permis de quitter la bourse. Mais Pairi Daiza, cela reste mon bébé, je n’ai de compte à rendre à personne sur le plan économique. L’aventure est passionnante, j’arrive au bout de mes projets. Mais je ne pourrai pas tenir à ce rythme éternellement. Tous ces projets sont très personnels, nécessitent des mois d’étude. Chaque fois, je vais sur place, je choisis moi-même tous les artisans. J’adore les artisans : ils sont les dieux de ce parc. Je dois m’investir à fond dans chacun de ces projets pour que tous ces mondes s’intègrent et respectent le cœur de Pairi Daiza.


"Privilégions le plaisir, pas la peur"

Presque tous les partis politiques ont voulu vous attirer dans leurs filets. Vous avez toujours refusé. Pourquoi ?

Je manque de courage. Se faire insulter à tout bout de champ, essayer d’obtenir des décisions dans un régime de coalition, cela demande une énergie colossale dans un laps de temps très court… je pense que je n’ai pas les qualités nécessaires pour faire ce boulot. C’est en totale contradiction avec le métier d’entrepreneur que j’exerce. On m’a proposé d’être ministre de l’Enseignement : honnêtement, j’aurais rêvé de l’assumer. L’enseignement, c’est tout. Mais je ne pouvais pas être ministre de l’Enseignement et diriger un parc qui accueille des jeunes. Vous imaginez la théorie du complot ! Il n’y a pas assez d’entrepreneurs dans ce pays. Je suis dans le camp des entrepreneurs et j’ai encore des choses à faire.

Récemment, vous avez déclaré que vous aviez choisi de ne plus vous informer. Si vous avez accepté cette interview, c’est que vous avez besoin des médias. Vous les lisez…

C’est paradoxal, je sais… Mais les médias, aujourd’hui, offrent une image totalement déformée de la réalité. Tous les événements présentés, ou presque, sont des catastrophes, des menaces. Et à côté de cela, il y a la vie. Tous les jours, il y a des choses fantastiques qui se font : des jeunes, des moins jeunes sont porteurs d’espoirs, développent des idées qui peuvent régler les problèmes. Il est dangereux de désenchanter l’humanité. Il faut privilégier le plaisir de l’enthousiasme et de la confiance. La culpabilité et la peur, cela ne marche pas.

Cette conception va très loin : vous refusez de voir des films qui se terminent mal. Pourquoi cette peur ?

Je me renseigne toujours sur la fin des films. Je reconnais que c’est très puéril. Le monde est une telle vallée de larmes. Notre vie se termine de façon dramatique, la fin de nos vies est un naufrage. Je ne dis pas "cachez-moi ces nouvelles que je ne saurais voir", mais bien : remettons la réalité au centre. Nous sommes tellement désenchantés : il n’y a plus aucun courant politique qui galvanise les masses, on est déçu de tout, les extrémistes reprennent le pouvoir, le repli sur soi gagne du terrain. Il faut compenser le flot de nouvelles tristes par des choses vraies, par des témoignages de générosité, de compassion, de découvertes, d’engagement de personnes… Les gens sont gentils, tendres bienveillants : parlez-en.

Comment vous ressourcez-vous ? A Pairi Daiza ?

J’ai beaucoup de difficultés à me ressourcer dans le parc : quand je me promène, je n’en vois que les défauts. Je dois être un des visiteurs les moins heureux du parc… J’adore marcher. Ailleurs, loin.

Qu’est-ce que le bonheur ?

Pour moi, ce sera quand toutes ces constructions seront terminées, quand tous les détails seront réglés, que ce parc sera ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Le bonheur, ce sera quand j’aurai mon matériel de jardinier et que je pourrai me consacrer à cette passion.

Quel est le sens de la vie ?

Chacun doit le trouver. Ce qui me permet de me lever, c’est le sentiment de créer de la beauté autour de moi.

Pensez-vous à la mort ?

Oui, assez souvent et toujours de la même manière : je n’aurai pas le temps de tout terminer…

Qu’y a-t-il après la mort ?

Cette question ne me préoccupe pas.

En quoi, en qui croyez-vous ?

En l’homme, en sa capacité à faire mieux. Je crois en la perfectibilité infinie. L’homme a foutu la merde sur terre. Il peut aussi apporter les solutions.