Opinions Tôt le matin, elle a déjà pratiqué une heure de tennis. Elle respire la santé, la joie, la bonne humeur. Elle vous accueille avec un sourire rayonnant qui est comme une invitation au parler vrai, à la franchise, à la transparence. Dans cette magnifique maison "Art déco" où elle occupe le dernier étage, on a une vue large sur le parc, les étangs. Un spectacle inspirant, paisible. Un piano droit occupe un pan de mur. Elle aurait voulu être artiste, pianiste ou, mieux encore, chef d’orchestre. Mais c’est son petit-fils qui vient y faire des gammes. Françoise Tulkens (avocate, chercheur, ancienne présidente de la Ligue belge des droits de l'homme, juge à la CEDH...) peut s’enflammer quand elle évoque les menaces qui pèsent sur la démocratie. A l’Est de l’Europe. Mais aussi en Belgique. Quand on l’écoute, on est fasciné par sa liberté de ton, cette faculté qu’elle a de replacer chaque problème dans son contexte juridique, de l’analyser avec ses sources, les références qui lui permettent de dire toujours les choses, non pas sans nuances, mais avec franchise et sagesse.


Dans quelle famille avez-vous grandi ?

Nous étions six enfants. C’était une famille "du XXe siècle" : mon père est né en 1907, ma mère en 1904. Ils ont connu les deux guerres mondiales. Mon père était magistrat. Il a été chef de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Justice. Mais il est mort très jeune, en 1947, je ne l’ai pas connu du tout.

Quelle enfant étiez-vous ?

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