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Quand êtes-vous né, dans quelle famille avez-vous grandi ?

Je suis né à Verviers, en 1948. Mon père était ingénieur industriel et, suite à ses changements professionnels, nous avons déménagé à Couvin puis à Farciennes : c’est là que j’ai passé mon enfance et mon adolescence.

La légende affirme que Melchior Wathelet père, et vous, êtes nés dans des maisons voisines…

C’est la stricte vérité. Les deux maisons, jumelles, étaient la propriété des parents de Melchior. Mes parents étaient locataires des propriétaires Wathelet, ce qui correspond assez bien aux tendances que chacun a manifestées par la suite…

Comment s’est déroulée votre scolarité ?

Les primaires à Farciennes, les humanités à Charleroi, le droit et l’économie à Namur puis à Leuven, l’administration publique à Los Angeles. En sciences économiques, j’ai réussi les examens mais je n’ai pas eu le temps de faire le mémoire. Car j’ai directement été engagé comme assistant à la faculté de droit. J’avais énormément de travail, mes professeurs - MM. de Visscher et Cambier - étaient excellents mais très exigeants.

Vous auriez pu poursuivre une carrière académique. Pourquoi avoir choisi la politique ?

Par hasard. C’est grâce à Jean-Jacques Viseur : nous nous étions connus en candidature à Namur. Il était entré au cabinet d’Alfred Califice, ministre de l’Emploi. Califice est devenu en outre le Premier ministre des Affaires wallonnes lors de la "régionalisation préparatoire". Je rentrais à ce moment à l’UCL après mon master aux Etats-Unis. Jean-Jacques a suggéré mon nom. Lors d’une première réunion du cabinet, le ministre a demandé qui pouvait prendre en charge le budget des Affaires wallonnes : cela n’existait pas. Personne ne s’est proposé. Timidement, j’ai levé la main, en rougissant. C’était un défi : on partait de rien. Cela m’a donné l’occasion de voir souvent le ministre.

Le PSC était-il le parti de votre cœur ?

J’étais critique à l’égard du PSC que je ne trouvais pas assez wallon. Alfred Califice m’a dit : au lieu de critiquer de l’extérieur, viens le dire à l’intérieur. Il s’est arrangé pour que, lors d’un congrès, je puisse monter à la tribune. Votre journal a écrit que j’avais confondu avec la tribune du Mouvement populaire wallon. C’est comme cela que tout a démarré.

A refaire ?

Je n’ai jamais regretté mon choix. Mais j’ai eu beaucoup de chance. Je suis toujours resté dans le même domaine : j’ai été ministre de la Politique scientifique - un de mes meilleurs souvenirs - puis du Budget, des Affaires économiques et, enfin, des Finances. C’est cohérent et je le dois à Gérard Deprez.