Opinions "Après 20 ans de coupes sombres, la Belgique doit traduire la promesse d’investissement en défense convenue dans le cadre de l’Otan dans son prochain plan stratégique. Le contexte l’impose !"

Une carte blanche de Denise Campbell Bauer, ambassadrice des Etats-Unis en Belgique.

L’environnement en termes de sécurité pose aujourd’hui des défis et menaces significatifs à la Belgique, à l’Europe, et aux Etats-Unis. Daesh a commis des atrocités envers des milliers d’Irakiens et de Syriens, ce qui a généré l’énorme crise humanitaire et migratoire que nous connaissons aujourd’hui. Le 29 septembre, lors de l’assemblée générale des Nations unies, le président Obama a rencontré des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier, y inclus le Premier ministre Charles Michel, lors de ce Sommet des leaders pour discuter des efforts en vue de combattre Daesh, tant militairement qu’idéologiquement, et aussi de combattre la montée d’extrémismes violents dans nos pays.

A l’Est, la Russie a tenté de redessiner les frontières de l’Europe par la force en essayant d’annexer la Crimée, et par le biais d’actions déstabilisatrices qui incluent des troupes russes dans l’Est de l’Ukraine. Ces différents défis représentent des problèmes de sécurité avec des implications sociales et économiques qui dépassent les frontières. La meilleure manière d’affronter ces menaces est par l’action commune de pays qui partagent la même vision.

Les Etats-Unis et la Belgique partagent une longue et solide relation en termes de sécurité. Ceci n’est nulle part plus visible que dans les cimetières de Flandres et de Wallonie qui honorent le sacrifice commun de Belges et d’Américains qui, durant deux guerres mondiales, ont donné leur vie pour la défense de l’Europe. Que ce soit à Flanders Field, à Henri-Chapelle, ou au cimetière militaire américain de Neuville-en-Condroz, j’ai été profondément émue par ces Belges qui adoptent et contribuent à entretenir la tombe de soldats américains ou qui participent à des cérémonies commémorant leur sacrifice pour que la Belgique reste libre. Notre partenariat, qui a affronté deux guerres mondiales et une longue Guerre froide, est plus fort que jamais sous la protection de l’Alliance Otan. Aujourd’hui, tous nos alliés de l’Otan reconnaissent que nous devons garder une défense et dissuasion fortes en Europe, et ceci par des investissements raisonnables et continus en matière de sécurité et de défense.

En fait, lors du Sommet Otan au pays de Galles l’année dernière, nos alliés ont reconnu que, afin de faire face aux défis du XXIe siècle, il nous fallait inverser la tendance à la baisse des budgets de défense et investir à nouveau dans nos défenses nationales. Unanimes quant à cette réalité, les pays membres de l’Otan ont convenu d’une promesse d’investissement en la défense. La Belgique a une solide réputation d’allié fiable au sein de l’Otan, ayant entre autres apporté des contributions essentielles en Afghanistan et, dans un cadre plus large, au Mali et dans la coalition contre Daesh.

Cependant, après plus de deux décennies de coupes dans les dépenses de la défense, la Belgique se retrouve maintenant parmi les pays membres de l’Otan qui dépensent le moins en la matière en pourcentage du PIB.

Nous encourageons la Belgique à traduire cette promesse d’investissement en la défense dans son nouveau plan stratégique qui va définir sa défense nationale pour les 15 années à venir. Nous sommes conscients de la situation budgétaire difficile dans laquelle la Belgique se trouve, c’est une situation similaire à laquelle nous faisons face aux Etats-Unis. Mais nous ne pouvons nous permettre de rogner quand il s’agit de notre défense collective.

Il est par ailleurs aussi important de souligner que les travailleurs bénéficient de ces investissements de défense qui stimulent l’innovation et créent de nouvelles entreprises qui génèrent de l’emploi dans tout le pays. Le cœur du partenariat entre nos deux pays repose sur nos sacrifices communs et nos valeurs communes.

Lors de sa visite au Flanders Field Cemetery l’année dernière, le président Obama a décrit la Belgique comme "un allié solide et capable". Au vu du contexte international actuel incertain, y compris à la périphérie orientale et méridionale de l’Europe, faire preuve d’un engagement commun à notre défense collective future est plus important que jamais.


Découvrez ici notre analyse suite à cette carte blanche exceptionelle publiée dans La Libre Belgique.