Opinions

Gaultier Bès publie son deuxième livre au titre claquant de "Radicalisons-nous".

Le jeune catho décomplexé , de plus en plus visible dans les médias, milite pour un retour aux racines. C’est, selon lui, la solution politique à toutes nos crises.

Et rien à voir avec le terrorisme. "Radicalisation islamiste" et "radicalisation express" sont des expressions nulles et non avenues. Des oxymores. Il est temps, dit-il, de revenir au vrai sens des mots et des choses.


"Radicalisons-nous" est le titre de votre dernier livre. Vous faites dans la provocation, non ?

Non. La radicalisation doit être redéfinie par rapport à son étymologie : radix, la racine. C’est un processus (et pas un état figé) qui inclut l’idée d’approfondissement, de réflexion, de lien avec quelque chose qui nous dépasse, dont on vient, et cette idée que c’est en puisant notre vigueur dans un terreau riche que l’on va aller de l’avant. L’usage courant qui est fait du terme de radicalisation est donc erroné. Quand on parle de "radicalisation djihadiste" aujourd’hui, on désigne le contraire de ce que signifie en réalité ce mot. Car le djihadisme n’a rien d’un mouvement d’approfondissement. On est même, au contraire, dans quelque chose de superficiel. De la même manière, la radicalisation est à l’opposé de l’extrémisme. L’extrémisme va dans les excès, on est à l’extérieur, en surface. La radicalisation, au contraire, plonge en profondeur vers l’intérieur, le fondamental. Moi, quand je parle de radicalisation, c’est un effort pour ne pas se satisfaire des illusions, des faux-semblants, des explications superficielles, des réponses artificielles. J’irais même plus loin. Selon moi, la radicalisation est la meilleure réponse politique à la plupart de nos crises et problèmes causés à bien des égards par des approches trop superficielles du monde.