Hasquin: "La bien-pensance et le politiquement correct deviennent effrayants"

ABONNÉSJonas Legge Publié le - Mis à jour le

Opinions

Plutôt discret médiatiquement ces derniers mois, l'actuel secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique n'en a pas moins conservé sa verve mordante. Se montrant cinglant à l'égard d'Israël et du Hamas, il regrette que "les extrémistes se nourrissent de leur propre extrémisme". Il explique également pourquoi "l'islam ne supporte pas la franc-maçonnerie". Celui qui fut recteur de l'ULB et sénateur MR estime, en outre, que "Charles Michel joue sa tête". Hervé Hasquin est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

Extraits de cet entretien :

En négociant avec trois partis flamands, dont la N-VA, le MR ne se jette-t-il pas dans la gueule du loup ?

L'ambition d'un parti politique et le souhait de ses électeurs, c'est d'être au pouvoir et d'avoir la capacité de changer les choses. Il ne faut pas être naïfs, les socialistes et les sociaux-chrétiens ont d'emblée voulu punir les libéraux, en constituant les gouvernements régionaux et communautaires. Ils ont fait le pari que les libéraux n'oseraient pas aller dans un gouvernement fédéral sans eux...

Vous vous rangez donc derrière la décision de Charles Michel ?

Oui, je choisis le geste fort ! Premièrement, parce que les autres ne s'y attendaient pas. Deuxièmement, parce qu'on reproche souvent à la politique belge d'être incolore et inodore à force de vouloir être pluraliste. Ici, on aura une politique cohérente. Maintenant, les libéraux ne pourront plus dire qu'ils ne peuvent mettre en oeuvre la politique qu'ils souhaitent parce que les socialistes et les démocrates-chrétiens les en empêchent. C'est un véritable défi pour les libéraux.

(...)

Des mouvements et même des pays appellent au boycott d'Israël. L'ULB doit-elle s'associer à de telles prises de position ?

Non ! Le Conseil d'administration a décidé, en mai 2013, de reconnaitre le cercle BDS, qui prône la rupture des relations avec les université israéliennes. Celles et ceux qui sont à la base de ce mouvement de boycott appartiennent au PTB, qui garde de vieilles traditions marxistes, presque soviétiques, où l'antisémitisme est camouflé sous le nom d'antisionisme. Avez-vous déjà entendu le PTB demander que l'on interrompe les relations universitaires avec ces "grands régimes démocratiques" que sont la Chine, Cuba ou le Venezuela ? Si l'on envisage l'aspect "démocratie et libertés", l'ULB devrait rompre ses relations universitaires avec quelques dizaines d'universités dans le monde.

Vous avez étudié les relations entre islam et franc-maçonnerie. Ces deux courants sont-ils incompatibles ?

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