Opinions
Une opinion d'Alexandre Noppe, qui votera en mai prochain pour la première fois.


Aujourd’hui, rien ne semble prêt pour éviter que le vote des jeunes ne soit une grande improvisation en mai 2019.


J’aurai 18 ans en octobre et on ne m’a jamais appris à voter. Evidemment, je ne demande pas que quelqu’un me dise pour qui voter. Mais je remarque qu’autour de moi, peu de jeunes ont un avis politique tranché, ou juste une bonne connaissance de la politique belge.

Est-ce aux parents, à l’école, aux responsables politiques ou aux médias d’assumer ce rôle d’éducation politique ?

Pour l’école, c’est loin d’être gagné. En six ans d’enseignement secondaire, on nous a bien sûr parlé de politique, en cours d’histoire ou de géographie par exemple. Malgré cela, jamais nous n’avons reçu un listing des partis politiques belges, de leurs idéaux et de leurs convictions. Ceci permettrait que chaque jeune sortant du secondaire ait un avis sur le monde politique ou au moins une connaissance relative de qui s’y trouve.

Le cours d’éducation à la citoyenneté, le fameux "cours de rien", pourrait éventuellement pallier ce manque. Mais ce cours n’est pas donné partout. Ce n’est donc pas la meilleure solution pour toucher un large public de jeunes.

Le pacte d’excellence propose sept grands domaines d’apprentissage mais aucun ne fait mention de citoyenneté ou d’éducation civique. Peut-être est-il encore temps de s’en rendre compte avant mai. Mais quand on sait comme réformer le monde de l’enseignement est difficile, ça ne me fait pas pencher vers l’école comme solution.

Subjectivité et manque d’info

Un jeune en recherche d’information se tournera logiquement vers ses parents. Mais l’éducation politique donnée par ceux-ci ne laisse sans doute pas assez de place à la neutralité. Le but n’est pas que le vote des enfants soit juste la copie du vote de papa et maman. Pour se forger des opinions politiques, la subjectivité des parents n’est donc pas idéale.

Les partis politiques belges ne pourront malheureusement jamais proposer une information neutre aux jeunes qui découvrent la politique. Dans un monde idéal, un représentant de chaque parti viendrait expliquer les positions qu’il défend sur le temps de midi dans les écoles. En une semaine, tous les élèves recevraient une bonne vue d’ensemble du paysage politique belge. Mais ce joli programme ne serait de toute manière pas suffisant. Et chaque parti arriverait avec une technique de "recrutement" et non pas une présentation objective. Pas sûr que le PS se vante de ses affaires récentes ou que le MR parle des dernières déclarations de certains membres de la coalition fédérale. Pourtant, sans ces ajouts critiques, on reçoit alors une information insuffisante.

J’en arrive donc à la seule solution possible : les médias. Là, le processus est quand même différent du cadre scolaire ou familial. Ici, c’est au jeune de faire le travail d’information, via les médias traditionnels ou Internet.

C’est dans les journaux qu’on trouve le plus de neutralité, d’objectivité et de nuances. Sur Internet, il faut slalomer entre les publications de propagande et le manque de précision. Le tri des informations est capital tant les informations disponibles y vont dans tous les sens. De plus, tous les partis politiques belges ne proposent pas encore une information suffisante sur leurs réseaux sociaux. Il faut souvent se tourner vers une page plus "locale" pour obtenir de vrais actes et propositions.

En conclusion, j’ai envie de dire que rien ne semble prêt aujourd’hui pour éviter que le vote des jeunes aux communales et au méga scrutin de mai 2019 soit une grande improvisation. Si l’on ne souhaite pas suivre machinalement le vote des parents, c’est à nous, les jeunes, de faire la démarche d’information et de documentation pour nous forger une opinion. Et il est grand temps.