Opinions Une opinion de Nicolas Van der Maren, conseiller communal MR à Ottignies-Louvain-la-Neuve

Il y a mille et une façons de s’engager et de contribuer à un meilleur vivre ensemble dans la société qui est la nôtre : en exerçant certaines professions (enseignants, éducateurs, policiers, etc.), en donnant un peu de son temps bénévolement au sein de l’une ou l’autre association, etc. L’engagement politique en est une autre que je trouvais particulièrement noble et admirable puisqu’en s’engageant en politique, le politicien accepte de mettre les mains dans le cambouis.

Ce faisant, ils s’exposent, prennent des risques parfois… pour tellement peu de reconnaissance en retour. Oui, j’ai beaucoup d’admiration pour ces hommes et femmes politiques, tous partis confondus d’ailleurs, ces hommes et ces femmes capables de faire passer le bien public en premier… ou plutôt qui "devraient" être capables de faire passer le bien public et l’intérêt général en premier.

65 réunions par pour entre 1 200 et 2 000 € brut par an.

C’est ainsi que j’ai, moi-même, choisi d’emprunter cette voie et de contribuer, à mon petit niveau à la politique de ma cité. Depuis 2012, je suis conseiller communal de l’opposition à Ottignies-LLN. Et j’aime m’engager dans ma commune et pour ses habitants; je cumule d’ailleurs 7 mandats en plus de celui de conseiller communal : membre de la commission des affaires générales et membre suppléant de la commission des travaux du conseil communal, membre du conseil consultatif des sports, de la commission communale d’accueil, du conseil du 7e art de la ville, administrateur de l’espace culturel Ferme du Biéreau et administrateur de l’Académie intercommunale de Court-Saint-Etienne et Ottignies-LLN. Non pas qu’il me plaise de concentrer le pouvoir mais plutôt parce qu’au niveau local, on ne se pousse pas au portillon pour exercer tous ses mandats… il faut dire que mis à part les mandats de conseillers communaux (rémunérés d’un jeton de présence de 100 € brut par séance du conseil, lesquelles durent rarement moins de 5 heures) et les commissions du conseil communal (un demi-jetons de présence de 50 € brut par réunion), aucun de ces mandats n’est rémunéré.

L’ensemble de ces mandats représentent quelque 65 réunions par an. Ces réunions durent en moyenne de 2 heures et 30 minutes sans compter le temps de préparation ni le temps passé à la rencontre de la population (inaugurations, dépôts de gerbes pour l’armistice, participations aux manifestations locales,…). Personnellement, je touche donc entre 1 200 et 2 000 € brut par an, c’est-à-dire entre 7 € et 12 € brut de l’heure (le temps d’étude des dossiers et de préparation des réunions n’étant pas compté). On est loin des rémunérations de certains administrateurs de Publifin ou autre organismes publics, indécentes, non pas tant par rapport au montant de ces rémunérations que par rapport aux contreparties exigées ou prestées par ces mandataires.

Des profiteurs qui éclaboussent la classe politique.

Aujourd’hui, je veux dire tout mon dégoût par rapport à ces mandataires qui, profitant d’un système mis en place, éclaboussent l’ensemble de la classe politique, depuis le ministre ou le député jusqu’aux mandataires locaux et autres militants de base, lesquels exercent pourtant leurs mandats pour ainsi dire bénévolement. Tout travail mérite salaire (et même un salaire élevé voire très élevé si le travail presté et les responsabilités engagées sont à la mesure !). Mais dans le contexte actuel, on réalise que la majorité des élus travaillent sans mériter le moindre salaire là où quelques privilégiés méritent un salaire sans devoir travailler !

C’est à cause de ce genre de polémiques que la population se désintéresse des politiques traditionnelles pour leur préférer les populismes de droite comme de gauche. Mais il y a pire, ce genre de comportements risque également de dégoûter de nombreux militants ou "petits" élus qui, comme moi, se demandent si la politique est un engagement si noble que ça et qui se souviennent qu’il y a tant d’autres façons de se rendre utiles ou de contribuer à un meilleur vivre ensemble… sans faire le lit des partis extrémistes et populistes ! C’est d’un changement de mentalités dont nous avons besoin et il faut s’y mettre tout de suite !