Opinions
Un témoignage de Camel, 22 ans. 


"Espèce de gros sac".
J’avais 13 ans la première fois que j’ai entendu cette phrase. À ce moment-là, j’ai eu l’impression que le regard des autres avait changé. 


Je n’oublierai jamais ces mots. La confiance que j’avais en moi et mon amour propre en ont pris un coup. Mes résultats scolaires s’en sont ressentis : je suis passé de 11,5 à 8,5 de moyenne.

A mon entrée en secondaire, j’ai essayé de me fondre dans la masse. Suite aux remarques essuyées au collège, je m’étais renfermé sur moi-même. En 4ème année, une fille prénommée Lina m’a beaucoup aidé à garder le moral. Elle me disait de ne pas faire attention aux remarques ou aux regards des autres. Elle m’a dit : "Tu es bien comme tu es". J’avais quand même beaucoup de mal à m’accepter.

A 16 ans, il s’est passé quelque chose qui aurait pu être formidable et qui s’est révélé terrible. Cette fameuse Lina m’a lancé : "Cela ne me dérangerait pas de sortir avec toi". Par manque de confiance en moi, je lui ai répondu : "Tu es trop bien pour moi". Je le regrette… Elle m’avait totalement déstabilisé.

J’ai vécu le reste des années du secondaire avec un moral et des résultats scolaires en dents de scie. J’ai obtenu mon CESS avec une moyenne de 11,44/20. Mes professeurs n’étaient pas surpris. Moi, beaucoup plus.

Après, j’ai enchaîné avec un bachelier en comptabilité et gestion des organisations. Malheureusement, je ne l’ai pas obtenu. J’étais tellement complexé physiquement que ça a eu des répercussions sur mon mental. J’ai vraiment été au bord de l’implosion.

Depuis presque 18 mois, je suis à la recherche d’un emploi. J’ai eu le temps de réfléchir à l’impact que ces critiques ont eu sur moi. J’arrive aujourd’hui à me dire qu’elles ont aussi eu un impact positif. Cela m’a permis de rester ouvert d’esprit et de respecter tous les êtres humains, quels qu’ils soient.

À tous ceux qui jugent les personnes par rapport à l’apparence physique (et surtout les personnes en surpoids ou touchées par l’obésité), j’aimerais rappeler que nous sommes tous sont égaux en devoirs et en droits.

À tous ceux qui sont concernés par cette problématique-là, j’aimerais dire que, malheureusement, il y aura toujours des imbéciles ! Il faut continuer à avancer dans la vie. Il faut vivre. Et si on vous regarde bizarrement, répondez : "Tu veux ma photo ? Je sais que je suis beau. Et que vous êtes jaloux".