L’autorité, un mal nécessaire

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Opinions

Une opinion de Dany De Baeremaeker

De nos jours, dans notre société occidentale, l’exercice de l’autorité est en souffrance. De moins en moins d’adultes osent encore assumer cette responsabilité pourtant inhérente à leur rôle d’éducateur. Même les autorités par excellence et institutionnalisées, telle la police par exemple, mettent des gants de velours quand ils se trouvent dans l’obligation d’intervenir dans des "chahuts" de jeunes. Il en va de même pour les instituteurs et professeurs, voire même les parents, comme si intervenir auprès de la jeunesse devenait une mission délicate, si pas impossible. La majorité des adultes semble mal à l’aise par rapport à elle.

Et pourtant, sans autorité, comment gérer et rectifier les inévitables faux pas des enfants ? Sans elle, comment les guider dans leurs tâtonnements, rectifier leurs erreurs et même assurer leur sécurité ? L’autorité est donc une nécessité pour pouvoir éduquer nos bambins.

Mais qu’est-ce qu’"éduquer"? Comment définir cette lourde responsabilité et tâche de longue haleine même si souvent, heureusement, elle est épanouissante, source de joie et le fondement du bonheur des parents ? Eduquer consiste à transmettre de différentes manières des tonnes de savoirs et connaissances, mais aussi, si pas surtout, à leur faire intégrer les règles, lois, us et coutumes de la société dans laquelle ils vivent et, espérons-le, s’épanouissent en harmonie.

Eduquer consiste donc, au-delà de l’enrichissement intellectuel, en un conditionnement social, fondement de la culture même si cette dernière se compose d’une multitude de sous-cultures. Ces sous-cultures se côtoient et interfèrent les unes avec les autres selon de règles précises et qui ont toutes pour assises la tolérance, le respect de l’autre dans ses différences et l’épanouissement de chacun. Transmettre un savoir-vivre et des connaissances sous-entend la coexistence de quelqu’un qui sait et de quelqu’un qui apprend et le rapport entre les deux est inévitablement un rapport hiérarchisé et donc d’autorité. Comment, par exemple, un instituteur pourrait-il travailler s’il ne parvenait pas à obtenir le calme nécessaire pour enseigner la matière de son programme ?

Alors, pourquoi tant de démission face à l’exercice de l’autorité et comment assumer l’éducation de nos enfants ? Tous nous savons pourtant que l’amour, l’affection, la tendresse et l’empathie ne suffisent pas toujours pour faire comprendre, admettre, accepter et soumettre nos jeunes à certaines règles qui inévitablement heurtent leur liberté, leur moi-je anarchique, leurs caprices égotistes.

Ce ne sont pas les jeux vidéo et électroniques, Internet et autres abandons à eux-mêmes, qui les éduqueront à vivre et à s’épanouir dans la vie et la société. Comme tout être humain, ils ont besoin d’être en relation avec autrui, de dialoguer, de partager et aussi se soumettre à certaines autorités. La fonction principale de celles-ci consiste à garantir le bien-être de chacun, c’est-à-dire une vie harmonieuse et paisible entre tous.

Le risque et le travers de l’autorité, c’est l’autoritarisme, l’abus du pouvoir et pour s’en préserver, un seul remède : le dialogue. Une autorité respectable et efficace s’ouvre obligatoirement à la critique, à l’échange d’opinion et à remettre en question certains de ses choix. Pouvoir entendre les énoncés de ses défaillances et rectifier le tir lui sera toujours profitable, renforcera le respect éprouvé pour elle, bétonnera ses assises et démocratisera son exercice.

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