Opinions

D’après une étude de sondage menée par l’institut Ipsas, 87 % des personnes vivant près des parcs seraient favorables à l’énergie éolienne. Que répondez-vous face à ces chiffres ? Notre association fédère 68 groupes d’opposants wallons aux éoliennes. La population citadine est neutre par rapport à ce sujet car elle n’est pas exposée aux nuisances des éoliennes. C’est le milieu rural qui est exposé. Il faut savoir qu’il existe une enquête publique qui démontre qu’il y a eu entre 1000 et 4000 réclamations individuelles. Il y a des gens qui se plaignent vraiment de souffrir à cause des parcs installés près de chez eux.

Que peut-on reprocher à l’énergie éolienne ? Nous n’avons rien contre l’éolien en soi. L’idée est qu’il est possible d’avoir de l’éolien uniquement en mer, alors pourquoi ne pas le faire ? Il n’existe aucune législation spécifique pour l’installation de parcs à éoliennes. N’importe qui peut essayer n’importe où d’implanter un projet éolien. Ça en devient malsain ! La preuve en est : le ministre Henry et, avant lui, le ministre Antoine, ont refusé de nombreux projets, essentiellement en raison de leur non-respect du patrimoine paysager et monumental. Curieux que les études d’incidences sur l’environnement ne l’ait jamais mentionné. Légalement, il existe le protocole de Kyoto, mais n’oublions pas qu’il y a aussi la convention de Florence qui, en 2000, a traité de la protection du patrimoine paysager. On ne doit pas croire que Kyoto soit plus important que Florence ! En mer, les éoliennes n’ont aucun impact sur le paysage et on éviterait de réelles nuisances visuelles et sonores qui ont un impact direct sur le patrimoine immobilier. Nous avons des bureaux immobiliers qui nous affirment que lorsque l’habitation est à moins de 2 kilomètres d’un parc à éoliennes, elle subit une dévaluation de 25 %. Et quand on dit qu’il n’y a pas de bruit, ce n’est pas vrai. C’est le cas peut-être la journée, mais ça dépend aussi des vents dominants. Il existe un véritable mal éolien : nous avons des cas connus de personnes qui souffrent d’insomnie, d’acouphènes, de problèmes cardiaques et dont les enfants souffrent de problèmes de concentration. Ce sont de véritables nuisances qui pourraient être évitées si les parcs étaient placés en mer.

La construction d’infrastructures en mer serait difficile et retarderait la construction d’énergies alternatives. Ne serait-ce pas retarder l’échéance ? Les seules concessions à faire seraient de prendre un peu de retard. Mais il a été prouvé par une étude d’ingénieurs que la Belgique pouvait arriver à produire, en provenance exclusive des mers, les 4000 Mw d’électricité éolienne qui lui permettraient de remplir ses obligations internationales dans le cadre de l’Union européenne. De plus, la production en mer est moins chère et contribue moins à l’effet de serre. Il existe des études qui prouvent que les éoliennes produisent plus de CO 2 sur terre qu’en mer. Qu’elles produisent plus de gaz à effet de serre qu’elles n’en évitent : au-delà de 700 Mw, le bilan CO 2 s’inverserait. Et puis, il existe le problème de l’électricité produite inutilement pendant la nuit. L’éolien nocturne ne sert à rien et on ne peut rien en faire. Alors ce qui se passe, c’est qu’elle est évacuée dare-dare : soit on l’envoie à l’étranger, soit on la met à la poubelle. Il existe même un record du monde en Allemagne, où l’énergie à dû être vendue à un prix négatif de – 500 euros/Mw !