Opinions

CHRONIQUE

La Flandre est sens dessus dessous. Pensez donc En cette fin de semaine, deux événements attirent tous les regards en marge du traditionnel championnat de football. Tout d'abord, vendredi soir, un rendez-vous incontournable: l'élection de la dixième miss Belgique, en direct sur VTM. Liesbet, Ann, Brunhilde, Geraldine, Lynn Toutes ont fait chavirer les coeurs cette semaine dans l'ensemble de la presse flamande.

Mais à la veille de cette joute pas si amicale que cela, l'émoi fut de taille. Brigitta Callens, ex-miss Belgique, a été violentée au cours d'un home jacking ainsi que son compagnon, le patron du dancing Zillion, Frank Verstraeten. Pansements, écorchures, détails croustillants, rien ne manque. Cette agression nous a rapprochés l'un de l'autre, commente toutefois Brigitta Callens au quotidien Het Laatste Nieuws. Allez, tout n'est finalement pas si noir qu'il y paraît. Le coupé Mercedes et les 400.000 francs disparus dans l'aventure ne valent pas la tendre émotion des retrouvailles.

Un peu d'humanité dans ce monde qui file. L'autre événement du week-end, c'est évidemment Big Brother, cette émission voyeuriste devenue culte sur Kanaal 2 avec une audience pouvant aller jusqu'au million et demi aux moments chauds. Dimanche, la tension sera grande puisque les téléspectateurs seront appelés à éliminer un des quatre hommes restant dans cette maison truffée de caméras. Jeroen, Bart, Steven ou Frank? Les dés seront jetés. Cette émission n'a rien à voir avec le Big Brother de George Orwell, commente Gerard Bodifée dans sa chronique hebdomadaire de Knack. Dans 1984, c'est Big Brother qui nous regarde. Ici, c'est le contraire. Mais la calamité n'est pas moindre On finit par se perdre à scruter des heures durant cette boîte vide, estime-t-il. L'émission, alors, agit comme une sorte d'héroïne En attendant, on a appris cette semaine dans les colonnes de Het Laatste Nieuws et de la Gazet van Antwerpen que Betty et Katrijn, deux demoiselles évincées de la maison Big Brother, enregistreraient l'une et l'autre un 45 tours appelé à déferler sur les ondes.

La jeunesse ne se tient plus. Une vaste enquête réalisée par la KUL auprès de 5000 jeunes âgés entre 12 et 18 ans révèle en effet que l'activité privilégiée par cette tranche d'âge n'est autre que regarder la TV ou une vidéo. 38,6pc consacrent le plus de temps libre à cette fascination cathodique. Tout de suite après - Betty et Katrijn l'ont bien compris - , 38,2pc des 12-18 disent aimer écouter de la musique. Viennent ensuite les rencontres entre amis (31,9pc) et le sport (31,0pc). Lire un livre ne récolte que 12,6pc des suffrages et aller au dancing 10,8pc. La plupart des jeunes flamands se sentent bien, trois sur cinq même très bien, commente le quotidien Het Volk.

De Standaard plonge plus en profondeur dans les constats posés par les chercheurs de la KUL. Les jeunes flamands pensent plutôt à gauche lorsqu'il s'agit d'économie et de travail, constate Michel Vandersmissen. Ils pensent par exemple que l'on doit réduire le fossé entre riches et pauvres. Ils sont très tolérants à l'égard de thèmes de société importants tels que l'avortement, l'euthanasie ou l'homosexualité. Ils trouvent toutefois que la famille traditionnelle reste le meilleur mode de vie pour l'enfant et accordent beaucoup d'importance à l'autorité et à la discipline. En outre, un peu plus de la moitié de cette génération montante se décrit comme étant croyant, catholique ou chrétien.

La politique? Cela n'intéresse réellement que 12pc des sondés. Agalev est le parti recueillant le plus de suffrages (plus de 30pc). Le Blok, lui, a 21pc de partisans mais 51pc de détracteurs. Il y a de l'espoir

© La Libre Belgique 2000