Opinions

Une opinion de Bianca Debaets, secrétaire d'Etat du gouvernement bruxellois.

C’est devenu un nouveau sport apparemment de parler de Bruxelles à tort et à travers. Tous les tacles y sont permis, tant que vous contribuez à maintenir Bruxelles dans la catégorie des trous infernaux du monde. L’un des candidats à l’investiture républicaine pour les élections présidentielles aux Etats-Unis est allé jusqu’à parler de "hell hole", que d’aucuns ont traduit par "trou à rats".

Les Bruxellois eux-mêmes ont réagi subtilement, comme ils savent le faire, à la suite des propos teintés de vitriol de Trump. Grâce aux réseaux sociaux, les photos des plus beaux endroits de Bruxelles ont été partagées avec le hashtag #hellhole. Une réponse à la hauteur de l’amour porté par des dizaines - voire des centaines - de milliers de personnes à leur ville. C’est ça, la magie de Bruxelles !

Sinon, comment pourrait-on expliquer que chaque année de nombreux jeunes déménagent à Bruxelles, y font l’achat d’une maison ou y voient leurs enfants grandir ? Ils ont mille fois raison. Qui choisit Bruxelles vient vivre près de son travail et abandonne du coup l’enfer des embouteillages. Qui choisit Bruxelles se voit offrir l’environnement d’une ville bouillonnante, cosmopolite et riche en culture. Qui choisit Bruxelles peut, avec plaisir, se transformer en touriste le week-end dans sa propre ville. Tant il y a de lieux à découvrir et de beaux moments à vivre.

Et puis il y a l’impact économique de cette ville. 10 % de la population de ce pays y habite, mais Bruxelles crée 20 % du produit intérieur brut. Un tiers des recettes d’impôts des sociétés provient de notre Région. Chaque jour, environ 370 000 Wallons et Flamands se rendent à Bruxelles pour y gagner leur croûte. Bruxelles est le poumon économique de la Belgique.

Au niveau diplomatique, Bruxelles atteint également des sommets très élevés. Après Washington, Bruxelles est le centre de prises de décisions internationales le plus important dans le monde. On y retrouve le plus grand nombre de journalistes et diplomates accrédités vivant et travaillant dans notre capitale. Les institutions européennes et les autres organisations internationales à Bruxelles représentent plus de 120 000 emplois.

Tout aussi impressionnante est la scène culturelle qui se développe à Bruxelles. Les plus grands galeristes du monde s’installent en nombre à Bruxelles. Le petit-fils de Pablo Picasso, Bernard Picasso, par exemple, a ouvert avec sa conjointe une galerie d’art contemporain à Bruxelles. Tout comme la New-yorkaise Barbara Gladstone, qui représente notamment l’artiste Anish Kapoor, renommé mondialement. Elle a aussi inauguré une galerie dans notre ville.

Que Bruxelles connaisse aussi des problèmes, je suis bien sûr loin de le nier. D’ailleurs, je fus parmi les premières à exiger une meilleure gouvernance de Bruxelles. Six zones de police et 19 communes pour une ville de 1,2 million d’habitants ? Il y a quelque chose qui cloche. A peine 5 % des Bruxellois utilisent le vélo, et cela dans la ville où un certain Eddy Merckx a grandi : incompréhensible ! Last but not least, de nombreuses femmes à Bruxelles doivent avant tout se méfier des harceleurs ou agresseurs dans les stations de métro. Là aussi, fondamentalement, il y a un énorme problème.

La crise d’image que Bruxelles traverse actuellement est en fait une réelle opportunité. "Never waste a good crisis", disait Winston Churchill. Et précisément, nous n’allons pas galvauder cette occasion. Avec la campagne internationale de relations publiques "Call Brussels", nous voulons à nouveau placer Bruxelles parmi les premiers choix de destination touristique. A présent, il est aussi temps de concrétiser des actions politiques pour montrer au reste de la Belgique que Bruxelles mérite bel et bien son double titre de capitale. Les Bruxellois en sont convaincus depuis longtemps. Ensemble, nous parviendrons à convaincre le reste du pays.

Je suis fière d’être Bruxelloise !