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Grande auteure franco-sénégalaise, volubile, combative, convaincue et convaincante, Fatou Diome, née en 1968 à Niodior au Sénégal, n’a pas la langue française, qu’elle maîtrise à merveille, en poche. Si bien que ses apparitions, rares mais marquantes, sur les plateaux télévisés créent le buzz. Comme lorsqu’elle déclare : “Je n’ai pas peur de Marine Le Pen, c’est Marine Le Pen qui a peur de moi.”

Révoltée par les politiques migratoires actuelles, l’auteure du “Ventre de l’Atlantique” (Anne Carrière, 2003) ou de “Celles qui attendent” (Flammarion, 2013) s’insurge contre la politique identitaire indigne d’une France qui a connu le Siècle des Lumières et propose des passerelles en lieu et place de barrières. En donnant des leçons à la France mais aussi à l’Afrique. Et en poussant un cri d’alarme dans l’essai qui vient de paraître, “Marianne porte plainte !” (Flammarion, 2017), un leitmotiv qui rythme aussi la musicalité de ses écrits.

Absente des réseaux sociaux, refusant d’être filmée en vidéo, elle s’est isolée dans le silence pendant une semaine avant son bain de foule bruxellois. Elle n’aime rien moins dit-elle que l’isolement, l’écriture, la réclusion.

Femme de lettres, vous êtes l’hôte d’honneur des Assises citoyennes sur les migrations dont le programme est surtout culturel. La culture peut-elle sensibiliser autrement le public ?

Cette soirée d’ouverture, ce débat, est plutôt un dialogue pour moi. Je ne suis pas géographe ou sociologue. En tant qu’auteur, j’écris avec ma sensibilité de citoyenne. Ecrire un livre, c’est juste une sonnette d’alarme. Ensuite, j’aimerais qu’on en parle. Tout le monde peut rencontrer des migrants ou des réfugiés. Il importe donc d’impliquer les gens.

Quel a été le détonateur de votre essai "Marianne, porte plainte !" qui fait grand bruit ?

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