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Le grand salon, au premier étage du Théâtre de Namur, est une vraie ruche. Acteurs, attachés de presse, journalistes y discutent en prélude au Festival international du film francophone (FIFF). On pourrait croire qu’ils ne suivent aucun scénario. Erreur ! Chaque comédien sait qui il va rencontrer et combien de minutes il doit accorder à son interlocuteur. Je repère mon acteur : attablé avec deux journalistes et un photographe, Lambert Wilson devise en sirotant une boisson allégée. J’attends.

Enfin, il est à moi. Il se déplie. Silhouette parfaite. Bottines, jeans, sous-pull bleu et veston assorti à fines rayures. Il fait une pause sur la terrasse et s’offre quelques volutes. L’attachée de presse l’entraîne dans sa loge, au calme. Nous contournons le Théâtre, il accorde un autographe et un selfieà un jeune homme. Le temps de poser pour Bernard, notre photographe, il me rejoint. Les clichés révéleront un homme beau - ce qu’il n’ignore pas - apaisé, ce que le dialogue qui suivra ne confirme pas totalement.

Sa voix, on la connaît. Impossible, toutefois, quand il se met à parler, de rester insensible à ce timbre si particulier, à cette sonorité grave, un peu traînante sur certaines syllabes. Même ici, dans la pénombre d’une loge sans charme, sa voix est palpable. Elle reste théâtrale même pour répondre à des questions sur sa vie. Il aime parler, réciter, chanter surtout. Chanter Montand ou des chants liturgiques. Chanter en jardinant, pour lui, pour ses amis. Chanter pour aider Marie Trintignant à passer dans l’au-delà.

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