Le jugement de cinq religions

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Opinions

Catholicisme : La condamnation de l'homosexualité par l'Eglise catholique se fonde sur les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Le Livre du Lévitique en fait une "infamie" passible de la peine de mort et saint Paul la range parmi les "passions ignominieuses". Plus nuancée, la doctrine actuelle n'en reste pas moins ferme sur le fond. "Les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés", rappelle le Catéchisme de l'Eglise catholique. "Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ne procèdent pas d'une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d'approbation en aucun cas."

Islam : Considérée comme une grave déviance par rapport à la loi divine, l'homosexualité est aussi fortement condamnée par l'Islam que l'adultère ou la fornication. Le Coran l'évoque en rappelant notamment l'épisode biblique de Sodome dont les habitants périrent dans un cataclysme provoqué par Dieu à cause de cette "infamie"... Les théologiens de l'Islam, affirme Dalil Boubakeur, recteur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris, "ont aujourd'hui une vision plus nuancée". L'homosexualité est toujours un interdit. Mais sa transgression n'entraîne pas, en elle-même, l'application de la peine de mort.

Protestantisme : Puisant aux mêmes sources bibliques que les catholiques, les protestants ont longtemps condamné de manière abrupte l'homosexualité. Acte contre nature, l'homosexualité reste un "péché contre Dieu" pour les Eglises protestantes, qui gardent une lecture littéraliste de la Bible. Mais la plupart n'ont pas une position aussi tranchée, même si cette question soulève des débats parfois tendus. C'est pourquoi la Fédération protestante de France a publié, en 1994, un document présentant simplement des "éléments de réflexion" sur l'homosexualité. Celle-ci n'est ni formellement condamnée ni approuvée.

Judaïsme : L'homosexualité est, avec l'adultère et l'inceste, l'un des plus graves interdits sexuels du judaïsme. L'homosexualité masculine est même considérée, dans les textes anciens, comme un véritable crime méritant la mise à mort par lapidation. Il y a deux raisons essentielles à cette condamnation, explique le rabbin Michel Guggenheim, directeur du séminaire israélite de France. L'homosexualité est contraire au désir naturellement orienté, selon la volonté divine, vers l'autre sexe afin de perpétuer l'espèce humaine. Elle peut manifester, dans la transgression de l'interdit, le plaisir, tout aussi condamnable, de se révolter contre Dieu.

Bouddhisme : A la différence des religions monothéistes, le bouddhisme n'a pas élaboré une doctrine sur l'homosexualité. "Son approche est plus pragmatique, explique Bernard Faure, professeur d'Histoire des religions d'Asie à l'Université Stanford, aux Etats-Unis. L'homosexualité est envisagée dans le cadre de la sexualité en général." Sur le plan individuel, la sexualité peut marquer un attachement qui empêche d'atteindre l'éveil spirituel. Sur le plan collectif, elle peut aussi être cause de troubles qu'il convient de régler. C'est particulièrement vrai au sein des communautés monastiques dont les règles traditionnelles imposent l'abstinence sexuelle.

(Ces données proviennent de "L'Actualité des Religions", n°5, mai 1999, p.46)

© La Libre Belgique 2000

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