Opinions

Artiste poète

Je ne suis pas un expert du bonheur, je suis juste un aspirant à la quiétude, à la paix. Je n'ai pas de définition du bonheur, je pourrais juste dire avec des mots imprécis vers quoi je marche, sur l'herbe de quelle prairie, sur quel green. Je pourrais juste dire quel genre de graines je mange, quelle eau me désaltère et me porte aux nues. Je vis dans l'approximatif et je m'en rapproche de plus en plus. Il n'y a pas pour moi tyrannie du bonheur. Un tiramisu peut-il me combler? Une tarte au flanc me met-elle sur le flanc? Le bonheur est-il dans les choses périssables? Les choses périssables sont-elles spirituelles?

DE TOUTE LA TERRE ET MON BONHEUR EST UN NAUFRAGÉ.

Suis-je heureux quand j'apprends qu'il existe peut-être hors de notre système solaire des mondes habités, suis-je habité par l'univers en son entier? Est-ce lui qui me pousse vers un mieux être? Est-ce cet univers en expansion qui me pousse à la réalisation totale de mon être en son unicité, est-ce cela le bonheur? Je pense à ces pays où des hommes et des femmes-bombes se font exploser, apparemment de leur plein gré, semant désolation et tristesse. Il me semble que j'entends le bruit jusqu'ici, j'entends aussi les ripostes. Je pense à ce vieil adage pas encore mort: `OEil pour oeil, dent pour dent´, que nul oculiste, que nul dentiste n'a réussi à extraire de nos comportements quotidiens. Ce vieil adage suicidaire et occultiste ressuscite, persiste, prolifère...

Alors, mon petit bonheur en prend un coup parce qu'il me semble que celui qui se fait exploser, c'est moi; celui qui est tué par l'explosion, c'est moi... Je suis mort deux fois, 90 fois, 999000 fois et je marche sur l'herbe de la tristesse, me souvenant de mes propres malheurs et du goût amer du sang innocent, et je pense aux enfants de toute la terre et mon bonheur est un naufragé. Je mets quelques jours à hisser à nouveau la voile de mon bateau, à voguer à nouveau vers des pays où couleraient lait et miel. Mais le lait est plein d'hormones et les abeilles sont menacées par l'abeille chinoise. Non, je ne crois pas qu'il y ait tyrannie du bonheur. Il y a peut-être juste tyrannie de la bêtise et de l'inintelligence et de l'absurdité, l'absurdité qui est proche de la surdité mentale qui consiste à ne plus vouloir entendre les bruits du monde. A quoi ça peut servir d'étudier pour être bête, pour reproduire, des vies et des vies durant, le même schéma, la même idée fixe, le même dogme dévastateur, père de tous les génocides. Tuer pour apprendre à vivre, je ne crois pas que ce soit original.

Le bonheur, je voudrais le chérir, le cultiver. On me dit que je marche sur l'herbe de l'utopie. Est-ce utopie que d'envoyer de l'amour à celles et ceux qui ont mal dans leur âme et dans leur peau? Il semble clair, à présent, que ce qui est sûr, c'est que rien n'est certain. Le bonheur, c'est peut-être rebondir tout de suite comme une balle; le bonheur, c'est peut-être prendre la balle au bond et marcher inlassablement vers soi-même parce que c'est peut-être la meilleure façon de comprendre l'autre qui est moi et qui vit sous la même voûte étoilée, l'autre si lointain et si proche.

Les 12, 13 et 14 août, à 22h, au salon bleu du casino de Spa, Julos Beaucarne donnera avec Barbara d'Alcantara le spectacle `Chansons d'amour´ (le disque sort chez EPM Paris dans une dizaine de jours).